Et si on écoutait les filles pour bâtir la ville de demain ?

Mouv' Futur (2015-2016) Vendredi 04 décembre 2015

Réécoute
Et si on écoutait les filles pour bâtir la ville de demain ?
La ville est censée appartenir à tout le monde et pourtant garçons et filles ne la vivent pas de la même façon au quotidien. Les uns ont des espaces qui leur sont plutôt réservés comme les skate-parks ou les terrains de basket, les filles essaient plutôt de ne pas trop traîner dans les rues. Dans Mouv' Futur on s'est demandé à quoi ressemblerait une ville davantage pensée par les filles.

 

Depuis des siècles les ingénieurs, les urbanistes, les élus en charge de la ville sont majoritauirement des hommes. Du coup l'espace urbain en général ne correspond pas aux pratiques des femmes et elles ne se sentent pas toujours très à l'aise dans la rue, surtout le soir. Elles mettent en place ce que l'on appelle des "stratégies d'évitement", elles vont par exemple baisser les yeux et marcher plus vite quand elles passent dans une rue étroite où se tient un groupe de garçons ou encore s'interdire de passer par certaines rues mal éclairées quand elles rentrent chez elles. 

 

J'essaie de passer dans des rues où il y a un peu plus de monde, d'aller dans les allées centrales plutôt que contre le mur. J'hésite pas le soir à marcher en plein milieu de la rue là où il peut y avoir de la lumière et du passage. Voilà ça c'est vraiment quand je suis toute seule. 

 Julie, 23 ans.

 

Du coup l'espace urbain en général ne correspond pas aux pratiques des femmes et elles ne se sentent pas toujours hyper à l'aise dans la rue comme ces étudiantes de 23 ans. 
BOB
Ce qu'on vient d'entendre ça s'appelle des stratégies d'évitement, les filles les mettent en pratique au quotidien sans même y penser. Avec Chris Blache du collectif genre et ville qui réfléchit à ces questions je suis allée dans le 20eme arrondissement de Paris histoire d'observer à quoi ressemble la rueDu coup l'espace urbain en général ne correspond pas aux pratiques des femmes et elles ne se sentent pas toujours hyper à l'aise dans la rue comme ces étudiantes de 23 ans. BOBCe qu'on vient d'entendre ça s'appelle des stratégies d'évitement, les filles les mettent en pratique au quotidien sans même y penser. Avec Chris Blache du collectif genre et ville qui réfléchit à ces questions je suis allée dans le 20eme arrondissement de Paris histoire d'observer à quoi ressemble la rue.

Le collectif Genre et Ville réfléchit à ces questions. Ses membres étudie le terrain avec les habitants pour analyser ce qui convient pour tout le monde et ce qui ne va pas. Chris Blache fait partie de ce collectif, et sa première observation dans la rue c'ets que les rôles des hommes et des femmes sont très définis:

On voit passer une femme avec une poussette, là-bas il y a un banc avec un homme plutôt vieux assis dessus, et puis sur un muret on voit un autre homme plutôt jeune cette fois assis avec des écouteurs. Les femmes sont rarement à l'arrêt en ville, on dit d'ailleurs que les femmes s'occupent dans l'espace tandis que les hommes eux,occupent l'espace. 

 

Une répartition inégale de l'espace encore plus frappante quand on s'approche d'un terrain de basket, là que des garçons. Une constation qui n'a rien d'étonnant, 75% des budgets destinés au loisir des jeunes va à des activités majoritairement pratiquées par les garçons. Alors attention, l'idée ce n'est pas de créer des espaces uniquement destinés aux filles d'un coté et aux garçons de l'autre, non, la ville idéale, elle est mixte. Le géographe Yves Raibaud le met en avant dans son dernier ouvrage La ville faite par et pour les hommes:

Il faudrait des espaces libres où l'on peut se promener, s'asseoir, qui soient bien ouverts et bien éclairés. On sait à peu près quel est l'environnement urbain qui plairait aux femmes. Elles ont finalement une vision plus universelle de la ville que les hommes. 


 

Enfin, avec plus de mixité homme femme dans la ville on aurait aussi des rues plus mixtes socialement, plus adaptés aux handicapés mais aussi moins racistes et moins homophobe. Bref tout le monde aurait au final à y gagner. 


Reportage et photo de couverture : Diane Ferchit

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