Et si on coup' tous les mots de plus d'une syll' ?

Rien à voir Lundi 26 mai 2014

Réécoute
Et si on coup' tous les mots de plus d'une syll' ?
Dans ce monde, il faut aller vite. C'est ainsi, les lents sont condamnés à rester sur la touche. Pour être vraiment performants, y compris dans notre manière de parler, Rien à voir propose de radicaliser l'usage des abréviations.

A l'heure d'Internet et des réseaux sociaux, il y a un phénomène que Darwin n'avait forcément pas anticipé : pour survivre il faut être rapide.

Dans un bureau par exemple, les employés se divisent en deux catégories : ceux qui savent taper sans regarder leur clavier, qui optimisent les mouvements de leurs doigts de façon à écrire aussi vite qu'ils pensent.  Et les autres.

Ceux qui tapent avec deux doigts, ceux qui passent dix secondes à chercher le "W", ceux qui ont renoncé à l'usage de la cédille parce qu'ils ne savent pas où se trouve la touche... Ils sont foutus.

Pareil pour la lecture. Apparemment la plupart des gens lisent à une vitesse de 250 mots par minute et ils comprennent ce qu'ils lisent à environs 80 %.

J'ai appris ça grâce à un test sur Internet qui proposait d'évaluer sa vitesse de lecture... Après avoir révélé les résultats, le site proposait de vous apprendre à lire plus rapidement. Il était question d'un programme appelé "Lecture éclair".

Parler vite, parler court

Ecrire vite, lire vite, ce n'est pas assez. Pour survivre, il faut aussi savoir parler vite, faire passer ses idées avant que son interlocuteur ne décroche. D'où l'intérêt des abréviations. Ce n'est pas nouveau bien sûr : frigo, dico, congélo, périph, ciné, restau, psy.

Mais ça va de plus en plus loin. Les gens efficaces ne proposent plus d'aller déjeuner : ils vont déj'. Et après le déj', ils prennent un caf'. Les coolos ne mangent pas de sandwichs, ils prennent un "dwiche". Tomates, mozz'. Ou une pizz' éventuellement.

Les vrais winners, ceux qui ont vraiment des choses plus importantes à faire dans la vie que de finir leur phrase, ils disent « Tu vois ce que je veux'd' » ? Et leurs camarades leurs répondent « toutaf' ». Ils disent « Bon week' !» et le pire, c'est que l'on comprend qu'il s'agit du week-end.  Entre personnes pressées, on se comprend à demi-mot. Vive le prog'.

Une chro' pour passer à la vitesse sup'.


 

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