Et pourtant ils créent!

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Mardi 22 avril 2014

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Et pourtant ils créent!
Leur pays est en guerre depuis trois ans, mais ça ne les empêche pas de créer. Depuis le 10 avril et jusqu'au 27 juillet, l'Institut des Cultures d'Islam à Paris fait de la place pour les artistes syriens. Visite guidée.

 

Trois ans. Trois années que la guerre civile défigure la Syrie et meurtrit les Syriens. 150.000 morts, près de 600.000 blessés, deux millions et demi de réfugiés.

Et l'art dans tout ça ? Cesser ou continuer. Partir ou rester. S'exposer ou se taire. Comment créer dans la destruction ? Certains vivent en Europe, en Amérique, en Jordanie, à Dubaï. Et puis il y a ceux qui sont restés. 14 plasticiens syriens et un collectif sont accueillis actuellement à l'Institut des Cultures d'Islam, ouvert en novembre dans le quartier de la Goutte d'Or, à Paris.

Alep, juillet 2013. La lumière pénètre la fenêtre, tout comme les balles © Muzaffar Salman

 

Né à Homs, photographe pour Associated Press puis Reuters, Muzaffar Salman va souvent en Syrie pour couvrir l'actualité. Il peut enfin diffuser son travail hors des contraintes de la photographie politique officielle, sous contrôle.

Je crois en l’art. Une fois, je me rappelle, il y avait un musicien qui s’est mis à jouer sur le front. Tous les combattants se sont arrêtés quand ils ont entendu la musique. Alors, oui, je crois que ce genre de photos, ce genre d’art, nous aide.


 

Fadi Yazigi recouvre les objets du quotidien de ses dessins figuratifs. Quand le pain manque en Syrie, il s'attaque à des sacs de farine.

Seuls deux artistes de l'expo ont fait le choix de rester en Syrie © Fadi Yazigi

 

Le Baiser de Klimt superposé sur un mur criblé de balles a fait le tour du Web © Tammam Azam

Vivons cachés, vivons créatifs

Pour les artistes restés en Syrie, l'anonymat s'avère indispensable pour se protèger. Deux collectifs et une entreprise sont présents à l'ICI pour l'exposition. 

  • le collectif No qui diffuse sur Internet des oeuvres multimédias inspirées du dessinateur palestinien Naji Al-Ali.
  • Abounaddara, une société de production audiovisuelle basée à Damas, spécialisée dans le documentaire et le cinéma d'urgence. Toutes les semaines, ils produisaient une video mise en ligne le vendredi, jour de prière et de manifestation.
  • le collecif Masasit Mati qui regroupe dix jeunes artistes et militants syriens installés au Moyen-Orient, certains sont encore en Syrie. Ils ont développé un spectacle de marionnettes brocardant Bachar, Top Goon, la revanche d'un petit dictateur

 

 

L'exposition Et pourtant ils créent, c'est aussi des ateliers et des conférences jusqu'au 27 juillet. Entrée libre. 56 rue Stephenson et 19 rue Léon, Paris XVIII (Goutte d'Or).

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Reportage et mise en page : Bénédicte Dupont          

Photos © Institut des Cultures d'Islam


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