Et la ZIC repart en ZAD

le Reportage de la Rédaction Mercredi 24 décembre 2014

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Et la ZIC repart en ZAD
L'occupation sur le campus du Mirail à Toulouse aura duré un mois. A la veille de Noël, les derniers étudiants et "zadistes" ont quitté les lieux. Les jeunes toulousains y avaient mis en place une "ZIC", Zone d'Interpellation Chaleureuse.

Certains étudiants mobilisés avaient déjà quitté le campus dès le début des vacances. D'autres occupants ont retrouvé leur famille pour les fêtes de fin d'année, ou rejoindront une nouvelle ZAD, Zone à Défendre.

Après plusieurs semaines de bouillonnement politique intense, et de joyeux bordel aussi... les CRS ont délogé mardi matin, à l'aube les irréductibles restés sur le site de la faculté Jean Jaurès de Toulouse. Ils n'étaient plus qu'une vingtaine. La rédaction du Mouv' était sur place lundi, avant le départ. 

 

La "ZIC", c'est la Zone d'Interpellation Chaleureuse ou encore la Zone d'Intervention Citoyenne. C'est ce qu'on veut. Elle a permis une explosion de partage ces dernières semaines.


 

L'heure du grand ménage a sonné. Lundi matin, une poignée de jeunes mobilisés font la vaisselle, rangent le matériel entreposé, archivent quelques affiches et tratcs publiés à l'issue des débats. Ils ont l'air fatigués, mais on lit aussi sur leur visage une certaine sérénité. Celle d'avoir vécu un moment inédit. Damien, Guilhem et Plume, 20 ans, racontent. 

Critiques à l'égard du "système médiatique" et  réticents à accorder une interview, il a été convenu que Le Mouv' mettrait en ligne l'intégralité de l'entretien réalisé sur le campus toulousain lundi dernier. Le voici : 

 

    
Des revendications universitaires au début du mouvement se sont mêlées à des mots d'ordre environnementaux et à la dénonciation de la violence policière. 
   
Notre fac subit des coupes budgétaires importantes, la précarité des étudiants augmentent, alors que des sommes publiques folles partent dans des grands travaux inutiles comme le barrage de Sivens. Et lorsqu'on le dénonce, on est victime d'une répression policière sans précédent. La mort de Rémi Fraisse a été l'étincelle.

   
   

 

100.000 euros de dégâts ?

On a essayé de vivre en communauté sans reproduire le schéma de répartition des tâches traditionnel. Alors forcément c'était parfois un peu sale, bruyant. Certains nous ont traité de marginaux. 


 

Pour remettre en état les locaux de la fac salis ou dégradés, le président de l'université Jean Jaurès avance la somme de 100.000 euros. Un prof a lancé un blog satirique d'immersion dans le chaos de ce qu'il appelle le "Miraillistan". Mais le mouvement a aussi été suivi avec intérêt par une partie du corps enseignant. "On ne peut pas contester l'ordre établi sans produire un peu de désordre, lâche Mireille Bruyère, maître de conférence en Économie à Toulouse. Quelque chose de nouveau est sorti de cette mobilisation. Même si le mouvement est très vite retombé et qu'il a génèré beaucoup de frustration."

    

  

Un laboratoire politique qui n'a effectivement pas convaincu la majorité des étudiants, de l'aveu même des plus mobilisés au sein de la ZIC, mais "qui a de toute façon vocation à bouger, se transformer et renaître ailleurs", assurent les jeunes toulousains, sur une prochaine terre de colère.


 


 

Reportage : Claire Chaudière

Photos : © Claire Chaudière

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