En Grèce, les migrants s'intègrent grâce aux anars

Pendant ce temps, à Vera Cruz Jeudi 01 mai 2014

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En Grèce, les migrants s'intègrent grâce aux anars
Principale porte d'entrée vers l'Europe pour les populations du sud, la Grèce reste une terre inhospitalière pour les migrants. A Athènes, certains trouvent refuge au Steki, un repère anarchiste qui leur offre des cours de langue.

Pour eux qui ont parfois voyagé plusieurs jours clandestinement pour fuir leur pays en guerre, la Grèce n'a rien d'un havre de paix. Absence de soins, violences policières, xénophobie, les migrants et réfugiés sont également la cible d'Aube dorée, parti d’extrême droite et 3 ème force politique du pays.

Le logo d'Aube Dorée, inspiré d'une svastika (croix gammée)
  

Constat sévère sur la condition des migrants, l'ONG Amnesty International demande à l'ONU de sanctionner Athènes pour non respect des droits humains. Dans ce contexte, les migrants trouvent refuge au Steki, en plein cœur d'Athènes. A deux pas de la place Exarchia, fief historique des anarchistes athéniens, le repère propose des cours de grecs aux migrants, le plus souvent à partir de chansons.

"Ici c'est un lieu politique, la langue est politique, Aristote a dit que l'homme est un animal politique", explique Amalia, qui enseigne le grec aux immigrés depuis dix ans. "Quand tu es dans un pays, tu apprends sa langue mais aussi sa culture et sa civilisation. On peut le faire avec la musique et les chansons, qui portent bien souvent un message politique."

Pas de travail avec une seule langue

Chaque soir depuis 17 ans, algériens, iraniens, syriens et afghans profitent de ces cours gratuits et sans inscription. Souvent sans emploi, c'est le seul moyen pour eux d'apprendre la langue. C'est le cas de Shilzat, un jeune afghan de 27 ans très assidu depuis son arrivée en 2009.

Parler grec, c'est le premier de mes besoins car je dois parler aux gens, je dois trouver du travail, et je dois aussi pouvoir parler de mes problèmes. Le Steki, c'est le meilleur endroit que j'ai vu en Grèce. Ici, les gens ne sont pas racistes, ils sont comme mes amis, ils sont vraiment sympas avec nous.

Dans le Steki © François Chevré
              

Le Steki est né en 1998 pour faire face à l'afflux massif de migrants venus construire les infrastructures des J.O de 2004. "A l'époque ils devaient déjà faire face à l'hostilité des grecs et des autorités, raconte Giorgios, l'un des fondateurs du Steki. On a pensé qu'il fallait un endroit ou les immigrés pouvaient non seulement trouver une aide légale, mais aussi une aide alimentaire."

Près de 20 ans plus tard, le visage de l'immigration a changé et la crise a exacerbé le sentiment xénophobe, attisé par Aube Dorée. Le Steki accuse d'ailleurs le parti d’extrême droite d'avoir lancé une grenade dans ses locaux.

Reportage à Athènes de François Chevré. Mise en page : Sébastien Sabiron.

  


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