En Autriche, la loi anti-djihad qui ne passe pas

le Reportage de la Rédaction Jeudi 04 décembre 2014

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En Autriche, la loi anti-djihad qui ne passe pa
Pour prévenir les départs en Irak et en Syrie d'apprentis djihadistes, l'Autriche a récemment voté des mesures anti-djihad, et une réforme de la loi autrichienne sur l'Islam de 1912 qui déclenche un vif débat dans le pays. Discriminatoire à l'égard des musulmans?

 

C'est l'un des sujets brûlants du moment dans la capitale autrichienne. Faut-il oui ou non que les musulmans acceptent de se plier à de nouvelles règles, au nom de la menace djihadiste ? Selon le gouvernement autrichien, environ 150 jeunes ont quitté le pays pour aller combattre en Syrie ces derniers mois.

 

Au programme de cette nouvelle panoplie législative : autorisation pour la police aux frontières d'appeler les parents des mineurs souhaitant sortir du pays, possibilité de déchoir certains individus de la nationalité autrichienne, et une réforme de la loi autrichienne sur l'Islam, historiquement très protectrice. Vienne souhaite notamment interdire tout financement étranger de lieu de culte ou d'institution musulmane et demande une traduction unique du Coran.

 

 

Au cœur du quartier du Prater à Vienne, devant la mosquée d'Hidaya, à l'heure de la prière. Shpend, 27 ans, étudiant en école de commerce, dont la famille est originaire de Macédoine, se dit ulcéré par cette nouvelle loi.

Je me sentais chez moi ici, accepté. Cette loi remet en question beaucoup de choses. On ne devrait pas avoir à s'excuser pour ces djihadistes. Nous n'avons rien à voir avec eux !


 

Pour Carla Amina Baghajati, l'une des représentantes de la communauté musulmane autrichienne, c'est la philosophie de cette loi qui est mauvaise. Une loi sécuritaire, et non religieuse. Une loi qui ne vise que l'Islam et ne soumet pas aux même règles les autres religions.

 

 

Cette loi peut radicaliser la jeunesse. La frustrer, c'est laisser le champ libre à tous ces extrémistes.

 

Une pétition en ligne demandant au Parlement de revoir sa copie a récolté en quelques jours 20.000 signatures. Ce qui pourrait repousser l'entrée en vigueur du texte initialement prévu pour début 2015.

 


 


Reportage et photos : Claire Chaudière

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