En 2020 : l'UE sans la Grande-Bretagne ?

Mouv' Futur (2015-2016) Vendredi 15 mai 2015

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En 2020 : l'UE sans la Grande-Bretagne ?
Et si, en 2017, la Grande-Bretagne décidait de sortir de l'Union européenne ? Le Premier ministre David Cameron, réélu avec une écrasante majorité au début du mois, a promis d'organiser d'ici deux ans un référendum sur la sortie de l'UE. Et si les Anglais disaient "oui", où en serait-on en 2020 ? A quoi ressemblerait l'Union sans la Grande-Bretagne ?

Le scénario est clairement envisageable. Imaginons que dans deux ans, les Britanniques disent "oui" au référendum de David Cameron. Le Premier ministre, fort de sa victoire incontestable aux élections législatives du début du mois, a en effet promis de consulter sa population sur l'appartenance du pays à l'Union européenne. Si les Anglais votent en faveur de la sortie, en 2020, nous pourrions donc nous retrouver dans une Union à 27.

Un pays quitte le navire

Si l'hypothèse se vérifie, ce serait la première fois de l'histoire de l'Union européenne qu'un pays décide de la quitter. Jusqu'ici, le débat était plutôt de déterminer, pour les pays membres, quel nouveau pays pouvait les rejoindre, et la file d'attente était d'ailleurs longue... La sortie de la Grande-Bretagne, c'est donc clairement un coup dur pour l'Union, et un symbole très négatif envoyé au reste du monde : l'UE apparait pour la première fois fragilisée, affaiblie et surtout, en danger. Ce départ peut en effet donner le coup d'envoi pour d'autres pays, qui n'auraient pas encore osé franchir le pas. Le spectre de la désunion plane donc sur l'Europe.

David Cameron prévoit le référendum pour 2017 maximum, par Julie Szmul

 

Survivre sans la Grande-Bretagne

Certains ont tendance à dire que, sans le poids économique important de la Grande-Bretagne, l'Union européenne ne ferait pas long feu. Cette hypothèse, soutenue par les pro-européens, est remise en cause par bon nombre d'économistes, qui voient au contraire dans ce départ une chance pour l'Europe. Depuis toujours, la Grande-Bretagne a freiné les projets économiques de l'Union : elle a refusé de changer sa monnaie pour l'euro, elle a également toujours eu du mal avec l'hamronisation fiscale réclamée par beaucoup d'Etats membres. Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne, avait l'habitude de dire "L'Union a un petit moteur, et son grand frein, c'est le Royaume-Uni". Si la Grande-Bretagne part, ce serait l'occasion pour les autres pays d'entreprendre enfin des chantiers repoussés depuis longtemps.

Une sortie de l'UE compliquée pour les Anglais

En fait, ceux qui seraient les plus embêtés par une sortie de la Grande-Bretagne... C'est la Grande-Bretagne elle-même. La sortie de l'UE provoquerait forcément une baisse importante du PIB, dans les premiers mois, et également une fuite des multinationales, effrayées par l'isolement soudain du pays. Le chômage augmentera significativement, et ce sont les classes populaires qui en seraient les premières victimes. Mais les Anglais savent à quoi s'attendre, s'ils font le choix de sortir de l'Union européenne en 2017.

 

 

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