En 2020, l'air de nos villes est irrespirable

Mouv' Futur (2015-2016) Lundi 27 avril 2015

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En 2020, l'air de nos villes est irrespirable
Chaque soir, la rédaction de Mouv' vous emmène en 2020. Un futur proche, qui fait un peu flipper ou qui donne carrément envie de se projeter. En 2020, nos villes seront-elles plus ou moins polluées qu'aujourd'hui ?

Comme à chaque printemps, on y a droit. Du soleil, pas de vent, des températures en hausse et bim ! Pic de pollution aux particules fines. Généralisés à toute la moitié nord de la France, les derniers épisodes en date (fin mars et mi avril) avaient de quoi impressionner, des images que vous avez-pu voir à longueur de JT.

Au loin dans le brouillard : la Tour Eiffel © Sébastien Sabiron


Aussi inquiétants soient-ils, ces pics de pollution préjugent t-il d'un futur irrespirable dans les grandes villes françaises ? Leur multiplication ces dernières années pourraient le laisser penser, mais les apparences sont trompeuses.

Abaissement des seuils de particules fines 

Si les épisodes de pollution sont effectivement plus nombreux, c'est d'abord en raison de l'abaissement des seuils de déclenchement pour les particules fines PM 10. En 2010, cette directive européenne est transcrite en droit français.

Dès lors, les seuils d'information (pour les personnes sensibles) et d'alerte (adressés à toute la population) sont plus souvent dépassés, dans des concentrations de particules moins élevées qu'auparavant. C'est ce qui nous donne l'impression que l'atmosphère est plus polluée.

Vers un air moins pollué 

Mais dans les faits, la qualité de l'air s'améliore depuis dix ans et s'améliorera encore dans les années à venir. Chargée de mesurer la qualité de l'air en Ile-de-France, l'association Air Parif a établi des projections pour 2020, selon deux scénarios.

Le premier prend en compte le Plan de Protection de l'Atmosphère, appliqué aux grandes villes. L'autre exclut toute intervention des pouvoirs publics.

Amélie Fritz, ingénieure chez Air Parif © Sébastien Sabiron


Dans les deux cas, même si les pouvoirs publics ne font rien de plus pour repousser la voiture hors des centre-villes ou pour favoriser les véhicules électriques, l'étude d'Air Parif conclut que la pollution atmosphérique diminuera dans les années à venir. Cela s'explique par le renouvellement progressif du parc auto par des véhicules moins polluants et l'évolution des technologies qui rendent les industries plus propres.

Mais tout n'est pas rose. Pour l'heure, seuls une quinzaine de polluants atmosphériques font l'objet de réglementations françaises ou européennes. Air Parif en suit une soixantaine, dont un bon nombre de pesticides. Présents à la fois en ville et en campagne, les pesticides (aux effets encore mal connus sur la santé) pourraient devenir les nouveaux polluants emblématiques de la prochaine décennie. 

 


Reportage, photos, Sébastien Sabiron. Images d'illustration : CC Flickr Falcon Photography

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