En 2020 , Barbès est bobo

Mouv' Futur (2015-2016) Mercredi 06 mai 2015

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En 2020, Barbès est Bobo
En 2020, les classes populaires auront déserté la capitale : Paris sera devenu complètement bobo. L'ouverture d'une brasserie chic, en plein dans ce que Fox News appelait les "No-Go Zones", repose la question de l'embourgeoisement, dans le dernier bastion des quartiers populaires de Paris.

Des hipsters au lieu des immigrés. Des barbiers chics à la place des coiffeurs afros. Une friperie tendance qui remplace le Tati...

En 2020, le quartier Barbès a bien changé, et c'est en 2015 que tout à commencé. Lorsqu'une coquette brasserie s'est installée en plein dans la goutte d'or, au milieu des vendeurs de cigarettes de contrebande, ses petits magasins de téléphonie mobile, ses ateliers de couture clandestins...

L'association Action Barbès se bat depuis des années pour changer l'image du quartier. Pour sa présidente, Elisabeth Carteron, le but, ce n'est pas de virer les pauvres, mais de rendre le quartier plus habitable.

On ne demande pas que ça devienne le XVIe arrondissement. Juste de faire en sorte qu'on puisse cheminer, qu'il y ait une vie, avec des artistes, des animations, un éclairage du viaduc... Qu'on ait envie de circuler à pied, alors que là vous pouvez pas marcher sur les trottoirs, c'est complètement anarchique.


Diversité

Même discours du coté des nouveaux arrivés. Pour le gérant de la brasserie, Pierre Moussié, c'est un changement qui peut avoir du bon.

 

Ici, il n'y avait plus rien depuis pas mal d'années. A partir de 19h, tous les commerces sont fermés, on redonne un peu de vie.


 

C'est vrai que Barbès manquait un peu de diversité, du moins dans les commerces. Des rues entières des mêmes magasins de téléphonie, des mêmes boutiques de tissu, et pas un seul commerce de proximité. Pierre Moussié déplore une absence de vie de quartier.

C'est pas très intéressant pour les gens qui habitent là. Un quartier, c'est une mini-ville, il faut qu'il y ait une brasserie, un petit primeur, un petit supermarché, il faut qu'il y ait de tout.


 

Encore faut-il que tout le monde en profite. Dans la salle du restaurant, pas vraiment de diversité sociale... Contrairement à ce qu'avancent les patrons, le Barbès n'est pas pour toutes les bourses. Comptez 11 euros pour un simple sandwich.

 


 

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