En 1968, la lutte pour les droits civiques s'invitait aux J.O

Mouv' On Sport (2015-2016) Mercredi 11 mars 2015

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En 1968, la lutte pour les droits civiques s'invitait aux JO
A l'occasion de la sortie du film "Selma", retour sur un épisode marquant de l'histoire des JO : le moment où les droits civiques se sont invités dans le monde sportif.

Vous le savez, aujourd’hui sur Mouv' c’est une journée un peu spéciale puisqu’à l’occasion de la sortie du film Selma sur la vie de Martin Luther King et sa lutte pour les droits civiques, Mouv' diffuse chaque heure un titre en rapport sa vie et son combat.

Dans MouvOnSports, on avait aussi envie de marquer le coup en revenant sur l’un des épisodes les plus marquants des Jeux Olympiques modernes, à un moment où la lutte pour les droits civiques s’est invitée dans le domaine du sport.

 

Mexico, 1968, Jeux olympiques d'été

Martin Luther King a été assassiné quelques semaines auparavant, le 4 avril, et le printemps a libéré de vives tensions qui mettent cette reconnaissance d’égalité au centre de la vie politique américaine.

Les sportifs noirs américains ont conscience d’être au premier plan de la lutte. Les athlètes les plus importants, présents sur les campus californiens, côtoient des mouvements appelant au boycott des Jeux prévus pour octobre 1968.

En fait, les sportifs noirs étaient divisés sur la question, car le sport permettait l’intégration de nombre d’entre eux ou offrait une visibilité au mouvement. C’est cette stratégie de la vitrine qui va être retenue. Parmi les grands champions, Lee Evans, John Carlos sont plutôt favorables au boycott. D’autres, comme Charly Greene, préconisent des manifestations sur place. Bref on sait qu’il sera passera quelque chose pour marquer le coup durant ces Jeux mais on ne sait pas encore quoi, le comité olympique américain ayant en plus menacé d’exclusion tous les fauteurs de trouble.

 

Un geste symbolique

Dans la course du 200m, Tommie Smith bat le record du monde, devant l’Australien Peter Norman et John Carlos.

Durant la cérémonie protocolaire du podium, Smith et Carlos retirent leurs chaussures pour souligner la pauvreté de la communauté noire-américaine et surtout, et c’est l’image que l’on retiendra: les deux athlètes baissent la tête et lèvent un poing ganté de noir lors de l’hymne américain. Le stade ne comprenant pas ce qui se passe siffle, les deux athlètes seront juste après suspendus par leur fédération.

 

Les deux athlètes auront la vie bien compliquée ensuite. Mais les Jeux continuent et d’autres Noirs américains entrent en action.

Lee Evans, en améliorant le record du monde, remporte le 400m devant Larry James et Ronald Freeman. L’extraordinaire triplé lors de la course la plus rapide jusqu’alors se traduit par une montée sur le podium avec le béret des Black Panthers sur la tête de chacun d’eux et le poing levé au moment de l’hymne. Le sauteur en longueur Bob Beamon leva lui aussi le poing sur le podium dont il occupait la plus haute marche. Mais bizarrement, aucune sanction ne fut prise contre eux.

Dans tous les cas c’est ce geste de Smith et Carlos que l’Histoire retiendra, un geste qui fit avancer la cause des Noirs aux États-Unis d’Amérique. Une cause toujours d’actualité aujourd’hui…

 

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