Djerbahood : premier musée de street art à ciel ouvert

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Jeudi 04 septembre 2014

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Djerbahood : premier musée de street art à ciel ouvert
C'était une petite bourgade tunisienne un peu oubliée. En quelques semaines, une centaine d'artistes internationaux ont fait d'Erriadh un haut lieu du street art. Les 250 fresques et collages réalisés sur les murs de la médina ont redonné vie à ce lieu, rebaptisé "Djerbahood".

Erriadh, sur l'île de Djerba. Une petite ville sans grand intérêt, loin des complexes touristiques. Ici, on ne s'arrête pas, sauf pour y boire un thé sur la route de la Ghriba, la plus vieille synagogue d'Afrique. Mais en l'espace de quelques semaines, Erriadh a changé le visage.

Un poulpe en 3D © Jihane Bergaoui


Désormais les murs de la médina (le centre historique) et des environs se parent de fenêtres en trompe l’œil, de rosaces, de calligraphie à la bombe, de ce que le street art sait faire de mieux.

Jace, "Hors piste" © Jihane Bergaoui


Le projet a débuté en juin sur l'initiative du galeriste franco-tunisien Mehdi Ben Cheikh, déjà à l’origine de la Tour Paris 13, première expo de street art à grande échelle, gratuite et éphémère (une coproduction Le Mouv', à redécouvrir ici).

Rosace calligraphiée © Jihane Bergaoui 


Tout aussi ambitieux, Djerbahood est un labo, le "trip de l'été, le musée idéal du street art" pour les artistes qui s'y succèdent depuis trois mois.


Déjà présent sur la Tour Paris 13, Shoof utilise la calligraphie arabe "comme des briques de construction". Il travaille sous les yeux des habitants :

C'est encore mieux d'essayer d’interagir avec la société, sans pour autant jouer les colonisateurs de murs. C'est encore plus dur et plus kiffant de travailler dans ce contexte plastique, d’essayer de ne pas dénaturer l'architecture en y apposant nos œuvres.


 

Et les effets sont immédiats. Porté par le téléphone arabe et par un important buzz sur les réseaux sociaux, ce musée à ciel ouvert attire déjà de nombreux touristes et relance le commerce local, moribond jusqu'alors. Les enfants d' Erriadh ont vite saisi cette opportunité inespérée. Ils s'improvisent guides touristiques en échange de quelques dinars.

Touriste au musée © Jihane Bergaoui


Djerbahood
permet également aux locaux de redécouvrir leur village sous un autre jour, comme ce vieux monsieur rencontré devant une fresque :

J'ai honte, il a fallu que j'attende 60 ans pour découvrir mon pays, ce quartier, ce petit bled magnifique, où je passais une fois par an pour aller manger une brick.


© Jihane Bergaoui


Contrairement à la Tour Paris 13, les murs de la médina d'Erriadh n'ont pas vocation à être détruits. Dépêchez vous malgré tout de visiter Djerbahood, car par essence, le street art est éphémère.

Reportage, photos : Jihane Bergaoui / Édition : Sébastien Sabiron.

 


 

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