Deux actrices, un livre, un film et Fassbinder en prime

Plan B (best of) Jeudi 29 mars 2012

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Deux actrices, un livre, un film et Fassbinder en prime
Frédéric Bonnaud reçoit Leonor Baldaque pour son livre Vita (La vie légère) (Gallimard) et Andrea Ferreol pour le film Despair de Rainer Werner Fassbinder, en salle le 28 mars.

Précision: l'entretien avec Martin Parr pour l'exposition Foto/Grafica au BAL (Paris) sera diffusé demain.

Vita (la vie légère), un livre de Leonor Baldaque publié chez Gallimard.

Paul, Vita, Millicent, trois cousins sans famille. Ils vous diraient : un père, une mère ? Et puis ils s'empresseraient d'ajouter : laissez, j'ai tant à faire, cette question ne me tente pas. Nous trois, quoi de mieux ?
Le jour et la nuit leur semblent souvent courts. En un sens, leur souci est de bien s'aimer. Ils transforment le monde en paroles, et quand ils sont las de parler, ils font du monde un silence. L'éthique est leur invention quotidienne. Lorsqu'ils sont ensemble, ils ne vivent pas dans le même monde que nous, mais appeler ce monde le rêve serait réducteur, et même un mensonge. De ces trois êtres on pourra dire : ils ne font rien. Mais la vérité est qu'ils se tuent à mille tâches, et traversent la même mer qu'Ulysse.

Despair, un film de Rainer Werner Fassbinder, en salle le 28 mars avec Andrea Ferreol.

Hermann Hermann est un propriétaire d'usine de chocolat, d'origine russe, dans l’Allemagne du début des années 1930. Partageant ses fantasmes et ses perversions avec sa femme Lydia, il mène une vie protégée, grand-bourgeoise mais unidimensionnelle. Alors que le pays s’apprête à connaître des bouleversements politiques, Hermann est hanté par des visions de son double. Pendant un voyage d'affaires, il rencontre le vagabond Felix et voit en lui son sosie qui lui inspire un plan risqué : Felix et Hermann vont échanger leurs rôles dans la vie. Bien que ce vagabond soit physiquement très différent d’Hermann, la figure de Felix devient progressivement une obsession…


Avec Despair, Rainer Werner Fassbinder réalise sa première production internationale en langue anglaise, réunissant Dirk Bogarde (Mort à Venise) et Andréa Ferréol (La Grande Bouffe). Adaptée d’un roman de Vladimir Nabokov, cette oeuvre iconoclaste met en scène l’Allemagne des années 30 sur fond de montée du nazisme. Fidèle à son cinéma, Fassbinder compose un film baroque influencé aussi bien par les drames classiques que par l’esthétique psychédélique. Traversé par la figure du double et habité par une inquiétante étrangeté, Despair, aujourd’hui restauré en haute définition, est aussi l’un des films les plus formellement brillants de son auteur !

« Il y a, dans la vie de toute personne, un moment où l’on comprend qu’au fond tout est fini, que même si la vie continue, elle n’est plus qu’une répétition et une appropriation consciente de sentiments. Despair parle de quelqu’un qui ne s’arrête pas là, qui se dit qu’une vie faite uniquement de répétitions n’est plus une vie. Mais au lieu de se suicider comme dans Le Diable probablement de Bresson, il décide très volontairement de devenir fou. »   R.W. Fassbinder

 


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