Dessine-moi, ou pas, un Bitstrips

L'actualité numérique Mardi 19 novembre 2013

Réécoute
Dessine-moi, ou pas, un Bitstrips
C'est le nom de l'application responsable de tous ces dessins un peu moches qui envahissent peu à peu votre fil Facebook. Entre premier degré et mise en situation dégueu, méfiez-vous : Bitstrips ambitionne carrément de devenir "une nouvelle façon de communiquer".

 

Vous en voyez passer sur votre fil Facebook depuis quelques jours. Toujours plus nombreuses. Des cases dessinées, façon BD, qui mettent en scène les avatars (un peu moches) de vos connaissances Facebookiennes. Le responsable de cet afflux d'esquisses s'appelle Bitstrips.

What the Bit ?

Si vous pensez que l'idée, qui permet donc de se représenter en héros de bande dessinée, ne casse pas trois pattes à un canard, détrompez-vous. Avec ses 20 millions d'utilisateurs revendiqués, l'application connaît depuis quelques semaines un tel succès que ces serveurs ne cessent d'être saturés, provoquant l'indisponibilité chronique du service. Il n'en fallait pas plus pour que les observateurs le comparent à une autre app qu'on voit partout et qui rend fou (souvenez-vous, l'été dernier...) : le jeux de bonbons acidulés Candy Crush.

> Lire : "Candy Crush m'a rendue folle"

Bitstrips ne répond plus? Il y a un Bitstrips pour ça.

 

Des écoles à Facebook en passant par Reddit

Présenté en 2008 au geekissime South by Southwest, qui réunit chaque années aux Etats-Unis la crème des nouvelles technologies, et accessible sur Facebook depuis un an, Bitstrips n'a réellement décollé qu'en septembre dernier, date de la sortie de son application mobile sur iPhone. Cette dernière explose depuis tous les scores de téléchargement : première des apps gratuites sur l'Appstore en France, aux Etats-Unis ou au Canada, où est basée la start-up à l'origine de Bitstrips, 9e du côté de l'Android Market.

 

Image extraite de la campagne "Stop Bullying Comics", servie par Bitstrips.
Avant d'atterrir sur Facebook, Bitstrips est devenu populaire dans les écoles, en servant une campagne contre la brutalité et le harcèlement scolaires("bullying" en anglais), explique The Daily Dot. Ses personnages, aux traits ronds et loufoques proches de ceux du dessin animé Family Guy, ont beaucoup plu à la communauté du Net, qui s'en est emparée :

"Stop Bullying Comics", la même campagne vue et détournée par les utilisateurs de Reddit.

"Nouvelle façon de communiquer"

De quoi justifier les grandes ambitions des créateurs de Bitstrips, pour qui cette application est carrément : 

le terreau pour une toute nouvelle façon de communiquer.


 

Au même titre que les statuts Facebook, les tweets persos, les selfies d’Instagram ou les photos furtives de Snapchat, Bitstrips entend donc aussi faire partie de ce grand jeu, auquel nous prenons tous part aujourd’hui, qu’est le personal branding. Soit, en bon français, la mise en scène (et surtout en valeur) de soi et la savante construction de son image.

Ni vraiment un jeu, ni vraiment sérieux, Bitstrips est défini par ses créateurs comme un "YouTube pour comics", une boîte à outils pour faire sa propre mini-BD. Vu qu'il n'est pas donné à tout le monde de savoir tenir un crayon, ou un stylet sur une palette graphique, les animateurs et dessinateurs derrière le projet ont dessiné et compilé tout un tas de visages, de corps, d’expressions et de saynètes prêts à l’emploi.

Préalable de la publication d'une vignette sur Bitstrips : la création de son avatar. Yeux, bouche, nez, corpulence ou taille : si Bitstrips n'offre pas le niveau de détails des Sims, il est tout de même possible de retoucher quelques éléments. On peut même ajouter des cernes à son personnages, c'est dire si c'est moderne !

Vomi, pet et premier degré: bienvenue sur les Crocs d'Internet

Une fois cet avatar créé, à nous les statuts dessinés ! Le monde peut enfin savoir qu'on est fatigué, amoureux ou bien qu'on avalerait bien un bon burger, entre autre réjouissances de la vie mises en image. Et si certaines d'entre elles sont carrément cul-cul, d'autres ont la dose nécessaire d'absurdité ou de potache pour plaire aux trublions du Net.

Pets, vomis, voire vomi arc-en-ciel et mise en scène débiles : Bitstrips mise aussi sur les amateurs de second degré. Ainsi que sur la mise en relation : il est en effet possible de se mettre en scène aux côtés de certains de ces amis, également inscrits sur le service.

Capture d'écran de "Fuck Yeah Bitstrips"

Parfois drôles et bien trouvés (voir, en anglais, le TumblR "Fuck yeah Bitstrips"), ces vignettes personnalisables sont surtout perçues comme le nouveau fléau qui grignote peu à peu Facebook. Selon le Daily Mail, certains les appelleraient même déjà les “Crocs d’Internet” , du nom de cette fameuse marque de chaussures confortables mais (donc?) un peu moches qui mettent tout le monde mal à l’aise.

Si vous aussi, vous n'en pouvez déjà plus, sachez que vous pouvez toujours supprimer ces images de votre fil Facebook : dès que vous tombez dessus, cliquez sur la flèche en haut à droite, puis sur "cacher tout de Bitstrips".

Vilain Bitstrips, vilain !

 

Illustration : Un bitstrip de l'auteure de cet article !


 

Andréa Fradin

> Toutes les chroniques Suivez le geek

> Abonnez vous aux podcasts : RSS et iTunes

[SON 15 premières secondes]



itpc://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_12190.xml

Commentaires