Des squats aux beaux quartiers, l'histoire d'un labo alternatif

Paye ton Projet Jeudi 19 juin 2014

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Des squats aux beaux quartiers, l'histoire d'un labo alternatif
Paye ton projet se penche sur des projets créatifs prometteurs ! Grâce aux plateformes de financement participatif, vous pouvez les soutenir, et on vous dit pourquoi. Aujourd'hui, focus sur La Paillasse, un laboratoire alternatif adepte de l'open-source, bientôt installé en plein centre de Paris.

Le projet: soutenir l'installation de La Paillasse, un bio-hackerspace, qui quitte son squat de banlieue pour s'installer au cœur du Sentier, à Paris.

Qui est derrière? Thomas Landrain, fondateur du lieu, et les dizaines de participants aux ateliers, débats, expériences que la Paillasse a réuni depuis 2012.

L'objectif: récolter 14000 euros avant le 30 juin 2014 via KissBankBank.

Si on vous parle d'un laboratoire tout sauf académique né dans un squat parisien, certains esprits mal tournés penseront peut-être immédiatement "trafic de drogues dures qui tuent vos enfants". Qu'on se rassure, point de Tony Montana ni de Walter White dans le projet qui nous intéresse aujourd'hui, celui de La Paillasse.

Derrière ce petit nom -qui évoque le plan de travail d'un laboratoire- se trouve un lieu dédié à l'expérimentation en biologie, ouvert à tous quelque que soit le niveau d'étude.

Une sorte de labo alternatif, un bio-hackerspace qui mise sur la collaboration autour de projets open-source. On appelle ça en bon anglais le DIYbio, le do-it-yourself-bio. Pas de brevets, pas de lenteur bureaucratique ni de verrous académiques : comme ses homologues du monde entier, la Paillasse entend réunir citoyens et scientifiques pour inventer le futur, trouvaille par trouvaille. Même la revue scientifique de référence Nature soutient le mouvement, c'est dire.

 

Après deux ans dans un squat de Vitry-sur-Seine, le lieu déménage en ce moment au cœur de la capitale, d'où le recours au crowdfunding via KissKissBankBank pour être en mesure d'accueillir le public dès la rentrée, en septembre.Pour avoir un exemple de réalisation et comprendre l’esprit du lieu, prenez le temps d'apprécier le discours éloquent de Thomas Landrain, fondateur du lieu, qui s’exprimait en mai 2013 à la conférence TEDxParisUniversité :

Pour ceux qui n'auraient pas eu le temps -ou l'envie- de se plonger dans la vidéo, Landrain y évoque quelques exemples de travaux collectifs réalisés, comme par exemple cette encre biologique à faire pousser soi-même, ou encore un test génétique low cost pour déterminer la présence d'OGM dans les aliments, voire la nature même des produits - genre du cheval dans vos lasagnes de bœuf, par exemple.

L’electronique biodégradrable fait également partie des projets de la Paillasse, qui a déjà eu les faveurs d’un article dans l’édition anglaise de Wired. D’ailleurs la presse anglo-saxonne s’emballe sur le phénomène : pas plus tard que cette semaine, dans le Guardian, on pouvait lire un éloge de ce mouvement de bidouilleurs de l’éprouvette.

 Ce bio hackerspace, notamment soutenu par la Mairie de Paris et un des programmes de la NASA, sera bientôt situé au 226 rue Saint Denis. Soit en plein cœur du Sentier à Paris, entre la Gaité lyrique et le NUMA, dans un joli QG de 750m². Une sacrée hausse niveau standing qui se traduira visiblement par des activités payantes du style espace coworking, auquel les donateurs sur KissKissBankBank pourront avoir accès en priorité. Il reste encore une dizaine de jours pour réunir quelques 4000 euiros.

 

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Alexandre Hervaud

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