Des séries TV qui "banalisent" la torture?

Façon de penser Mercredi 14 mai 2014

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Des séries TV qui "banalisent" la torture?
Amnesty International remarque que la torture est "en plein essor" dans le monde, et les séries comme Homeland ou 24 heures n'y seraient pas pour rien. Alors, la fiction peut-elle influer sur notre perception de la réalité?

 

Mardi 13 mai, Amnesty International lançait sa campagne "arrêtons la torture".

 

Etude à l'appui, cette dernière montre que la torture est pratiquée dans 141 pays dans le monde, y compris des démocraties comme les Etats-Unis qui se justifie avec "la soi-disant guerre contre le terrorisme" - il n'y a qu'à penser aux scandales de la prison d'Abou Ghraib en Irak, ou à Guantanamo.

La torture se "banalise", et les séries TV n'y seraient pas pour rien.

Quelle influence la fiction peut-elle avoir sur notre perception de la réalité?

Tout cela nous ramène à des questions classiques: qu'est-ce que l'art ? Quels sont le but et les effets d'une fiction ?

A ma droite, Platon, qui soutient que l'art a pour but de représenter la réalité - ou "d'imiter la nature". Mais une imitation n'est jamais qu'une imitation: on a ainsi pu souligner le manque de "crédibilité" des scènes de torture dans la série Homeland qui se veut pourtant "réaliste".

Le problème, c'ets que cette représentation - ou cette image - déformée de la réalité influence le public - il n'y a qu'à penser, cette fois, aux images idéalisées ou romantiques des films de Martin Scorsese ou du Parrain, que les mafieux eux-mêmes ont pu chercher à reproduire.

A ma gauche, Aristote, pour qui la fiction a une fonction cathartique: les images de violence ou de torture ont plutôt pour effet de nous défaire de nos pulsions violentes.

Choisissez votre camp dans la chronqiue façon de penser de Gilles Vervisch.  


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