Des plans sur la fumette

World in Progress Samedi 17 août 2013

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Des plans sur la fumette
Et si les fumeurs de joints avaient aussi des solutions pour la société de demain ? Aux États-Unis, le Colorado a légalisé l'usage récréatif du cannabis. World in Progress vous emmène à Denver, dans le monde de la fumette intelligente.

 

Les Beatles voulaient être plus célèbres que le Christ. Dans le Colorado, la weed est plus populaire que Barack Obama. En novembre dernier, ils ont été plus nombreux à voter pour l'amendement 64 (qui légalise l'usage récréatif du cannabis) que pour la réélection du président américain.

 

Fumer de la beuh en toute liberté, c'est le pied. Mais pas question de faire n'importe quoi. Les ventes restent encadrées et la fumette en public interdite. La loi autorise la détention de 28 grammes et la plantation de six pieds de cannabis pour les plus de 21 ans.

Tourisme vert

Grâce à l'amendement 64, les fumeurs ne sont plus hors-la-loi. Mais le texte ouvre aussi de nouvelles perspectives économiques autour du commerce et de la culture du cannabis. Business is Business.Au sein de cette nouvelle génération d'entrepreneurs, Matt Brown a eu LA bonne idée.

Ce militant pro-weed a créé le premier "Cannabis Tour" légal d'Amérique du Nord. Il a testé son circuit touristique lors de la Cannabis Week de Denver en avril dernier.

 
Matt Brown, fondateur de My420 Tour, premier circuit touristique du cannabis aux US  © Gaële Joly

Entre 499 et 849 $, le séjour n'est pas donné. Et pourtant les forfaits se sont arrachés comme des petits-pains, des "space petits-pains". Car la visite inclut des cours de cuisine au cannabis. Au passage, oubliez le fameux "space brownie", la beuh s'accommode avec tous les repas.

Master en cannabiculture

A Denver, la marie-jeanne a aussi son université. Fondée par Freeman LaFleur et Matt Jones la THC University propose propose trois certificats. Le premier apprend aux élèves à tenir une boutique de marijuana. Le deuxième donne des bases de botanique et le dernier, plus poussé, est un "Master en culture" qui ouvre aux différents métiers de l'industrie du cannabis.

Pas encore trentenaires, les deux jeunes patrons ont des idées bien arrêtées sur le weed business :

Freeman LaFleur et Matt Jones, fondateurs de la THC University © Gaële Joly
 

Les étudiants de la THC University viennent des autres états américains. Certains travaillent déjà dans l'industrie du cannabis, d'autres sont agriculteurs et envisagent de se lancer dans la cannabiculture. Ils espèrent que dans le sillage du Colorado, l'état où ils résident légalisera bientôt l'usage récréatif de la marijuana. 

Payé pour fumer de la beuh

L'industrie du cannabis invente ses nouveaux métiers. Celui de William Breathes est sans doute l'un des plus cool du monde. William est critique de marijuana thérapeutique pour le magazine Westword à Denver. William a 32 ans, il a été choisi parmi 300 candidats pour le job et comme n'importe quel critique gastronomique, il goûte. Sauf que William lui, il goûte de la beuh.

William Breathes, dans les locaux du magazine Westword. Denver, Colorado. © Gaële Joly 
 
  
 

Pour le moment, William se contente de tester l'herbe à usage thérapeutique dans les différents dispensaires médicaux de la ville. Mais quand les premiers Coffee Shops ouvriront dans le Colorado en 2014, son job devrait considérablement évoluer. 
 
Le journaliste chroniquera la weed vendue au public. Son lectorat pourrait exploser, de quelques milliers de personnes actuellement à 5 millions de lecteurs potentiels.  
 
 
 
 
 
 

Space-truffes en chocolat

Depuis plusieurs années, le marché du cannabis thérapeuthique connaît une croissance exponentielle aux Etats Unis. Dans la zone industrielle de Denver, l'usine Dixie Elixir and Edibles fabrique des truffes au chocolat, des huiles essentielles, des crèmes pour la peau ou encore des sodas bourrés de THC. Pour le moment, tout cela est réservé aux patients. Pour le moment.

Christie Lusford est la directrice marketing de Dixie.

Christie Lusford présente son soda au cannabis. © Gaële Joly
 

L'entreprise connaît déjà une croissance exponentielle, mais là encore, l'amendement 64 ouvre le champ des possibles, comme l'explique Trip Keber, le patron de l'usine.

On avait jusque là environ 100 000 patients, mais en 2014 on va approcher du million de consommateurs, Ce qui va générer, selon mes propres estimations, des milliards de dollars de revenus. C’est une explosion massive et mon entreprise Dixie va en profiter, c’est sûr.

 

Papa et Maman militent pour le cannabis libre

Christie et Trip militent pour que le cannabis thérapeutique soit légalisé en France. Pour eux, c'est une histoire de business, pour d'autres, c'est une question de conviction. Georgia Edison anime l'émission Monday with Georgia sur icannabis Radio à Denver, un média entièrement consacré au sujet.

 

Activiste pro-cannabis de longue date, Georgia a fait partie du collectif "Papa et Maman pour la réglementation du cannabis". Elle a encore du mal a réaliser que l'amendement 64 est finalement passé. Pourtant, le souvenir de cette soirée est intact et à chaque fois qu'elle y repense, l'émotion la submerge.

Georgia, sourire figé depuis la légalisation © Gaële Joly 
 
Lucratif, générateur d'emplois et de revenus, le business du cannabis est il une solution pour l'avenir ? L'exemple du Colorado est-il transposable en France ? Pour en parler, World in Progress reçoit :
  
 
  • "Silence on fume" avec le blogueur d'Arte Anthony Bellanger, qui évoque son enquête en Espagne, en Tchéquie et en France.

 

Reportage signé Gaële Joly

 

 

 

 

 

 

Retrouvez les dernières émissions du Mouv' sur la question du cannabis.

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