Des FabLabs jusqu'au Kenya

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Jeudi 08 mai 2014

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Des FabLabs jusqu'au Kenya
Créé en 2009, le FabLab de Nairobi concentre une bonne partie des startups kényanes. Plus qu'un repère de geeks farfelus, il démocratise l'innovation sur le continent africain.

"Ici, on fait presque tout" dit le slogan, auquel on pourrait ajouter "avec presque rien". Quelques machines, un PC, une découpeuse laser, l'atelier de fabrication de Nairobi a vu le jour il y a cinq ans. Il fait partie du réseau des 200 FabLabs imaginés à la fin des années 90 par un professeur du MIT de Boston.

Le FabLab kényan / © University Of Nairobi
 

Si les FabLabs hexagonaux sont souvent investis par des geeks hardcore adeptes de fabrications loufoques, celui de Nairobi se distingue par l'esprit entrepreneurial qui y règne. Ici, le Fablab est d'avantage un incubateur d'entreprises qu'un club de Géo Trouvetou. Peter, ingénieur trentenaire, y a créé un GPS limiteur de vitesse.

Il y a eu beaucoup d’accidents de la route au Kenya et le gouvernement a mis en place une politique où les conducteurs sont maintenant obligés d’avoir un réducteur de vitesse. Aujourd’hui, il existe beaucoup de choses sur le marché, mais il n’y a aucun appareil intelligent.


  
Spécialisé en mécanique, Peter n'avait aucune notion d'électronique. C’est grâce aux conseils et aux échanges avec les autres membres de l’atelier qu’il a fabriqué son prototype. Cette dimension communautaire est l'un des points forts du FabLab selon Ken, le manager de l'atelier :

L’idée derrière le FabLab, c’est d’essayer de donner aux étudiants et aux innovateurs en général un espace et des structures  qu’ils peuvent utiliser, pour les aider à améliorer les idées qu’ils ont. Et bien sûr, s’ils sont intéressés, on les aide à monter une entreprise pour qu’ils puissent en vivre.


Le FabLab de Nairobi à Maker Fair Africa en 2010 / cc Flickr disterics
   

Car ici, pas question de concevoir des prototypes uniquement pour la gloire. Ici, c'est le business qui prime. Le FabLab est l'antichambre des startups kényanes et plusieurs créateurs commercialisent leurs produits.

Pour son fondateur, l'ingénieur Kamau Gachigi, l'avenir de l'innovation en Afrique passera par les FabLabs, car ils gomment ce qui a longtemps freiné les créateurs sur le continent : l'obstacle technique.

Vous pouvez installer un FabLab dans la partie la plus reculée du monde, à partir du moment où vous avez de l’électricité, un accès à internet et un peu de matériel. Et alors vous pouvez fabriquer des choses qui vont résoudre vos problèmes localement. Ce qui veut dire que quand quelqu’un sait utiliser une machine dans un FabLab, il peut résoudre ses problèmes et ne plus dépendre du système de commercialisation et de fabrication de masse. C’est une belle chose, c’est la démocratisation de l’innovation !


Kamau Gachigi / cc Flickr disterics
    

Et le succès du FabLab de Nairobi dépasse largement le cadre de la capitale. Des jeunes venus des quatre coins du pays font le trajet régulièrement pour venir y travailler. Une levée de fonds est en cours pour créer des annexes en Province.

Reportage signé Aimie Eliot. Mise en page : Sébastien Sabiron.

Illustration de couverture : © University Of Nairobi

 


 

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