Des avatars en 2045

L'actualité numérique Lundi 03 juin 2013

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Des avatars en 2045
"Projet 2045". Le plan de Dmitry Itskov sonne comme un film de science-fiction. Et ce n'est pas un hasard : ce jeune russe richissime rêve de transférer toute l'humanité dans des avatars à son image d'ici 2045. Illuminé de laboratoire ou protagoniste majeur de l'Histoire ?

 

"Êtes-vous dingue ?" Le New York Times n'y va pas par quatre chemins. Dans un long papier consacré à ce drôle de personnage qu'est Dmitry Itskov, russe de 32 ans qui a fait fortune dans les médias en ligne, le journal américain pose d'emblée la question qui taquine immédiatement la cervelle de quiconque prend connaissance des grands projets de ce millionnaire venu du froid. A savoir, transférer tout le monde dans des avatars, des cyborgs à notre image, à l'horizon 2045-2050.

Un plan 2045 pour nous "transférer" dans des avatars

Le mécanisme est peu ou prou le même que dans le blockbuster de James Cameron : transfert des individus dans une autre enveloppe charnelle. Dmitry Itskov se décrit d'ailleurs comme un fan du film - qui sait ? Peut-être prévoit-il même d'une version bleue à queue pour les avatars dont il rêve. Mais ses ambitions dépassent à l'en croire la simple fiction. Son plan, intitulé "projet 2045" est en plusieurs étapes. D'abord une "simple" copie robotique d’un individu contrôlable à distance vers 2015-2020, puis un avatar dans lequel un cerveau humain serait transféré vers 2020-2025 et enfin, le Graal : une “nouvelle ère de l’humanité” en 2045-2050 où nos avatars seraient carrément des hologrammes.

 

Pour parvenir à ses fins, à l'heure où la communauté scientifique n'adhère dans sa majorité pas encore à ce genre de Grand Oeuvre, Dmitry Itskov tente d'évangéliser son monde. Et rencontre quiconque s'intéresse de près ou du loin à ses idées, raconte Le New York Times. Ce mois de juin , un grand Congrès est même prévu.

Itskov, décrit par Evgeny Morozov (observateur du Net mondialement connu), comme "l'incontournable parrain du Net Russe" se dit prêt à dépenser une bonne partie de sa fortune pour mener à bien cette "évolution" de l'humanité qu'il estime indispensable. Pour éradiquer la faim dans le monde, mais aussi, dit-il, pour se débarrasser des questions existentielles liées à notre état mortel. Tout un programme.

Un robot déjà en construction

Un robot à l'image du millionnaire russe serait en cours de construction, dans une fabrique de robotique du Texas. Quatre personnes à temps plein seraient mobilisées depuis mars dernier, à en croire le journal. Le but étant que ce robot soit capable de reproduire les expressions faciales mais aussi la voix et les mouvements d’Itskov quand ce dernier est connecté à lui, tout en étant isolé dans une pièce voisine. Une expérience quelque part entre “le téléphone et la téléportation” à en croire le fabricant.

De magnat des médias à utopiste transhumaniste, Itskov a fait du chemin. En raison d'une crise de la quarantaine avancé, aux alentours de 25 ans raconte-t-il -il ne faut pas oublier que le bonhomme est précoce-, qui lui a fait prendre conscience de toutes les choses qu'il n'aura pas le temps d'accomplir et de tous les défauts de l'humanité, Itskov a décidé qu'il fallait "un nouveau paradigme". Et tente de le réaliser.

 

Faut-il le prendre au sérieux, se demande alors le New York Times ? Pour Itskov, les grands génies ont d'abord  été pris pour des dingues. Avant de devenir des grands Hommes. De deux choses l'une : Itskov est soit un fou illuminé bientôt effacé par l'Histoire. Soit un visionnaire qui permettra de mettre un peu de piment dans nos vieux jours, quand les copies de nos cervelles organiques éteintes depuis longtemps, gambaderont sur d'autres planètes, bien au chaud dans leurs enveloppes hologrammiques...


Andréa Fradin

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