Demain, le resto c'est chez ton voisin

Mouv' Futur (2015-2016) Vendredi 16 octobre 2015

Réécoute
Demain, tous restaurateurs?
Et si vous transformiez votre salon en resto ? Après Blablacar pour le covoiturage et Airbnb pour les hôtels, l'économie collaborative s'attaque maintenant aux restaurants. Le principe est simple il suffit de s'inscrire sur un site et de s'improviser restaurateur pour un soir, une tendance qui a de plus en plus de fans.

Il y aurait en France quelques 3000 restos chez des particuliers, là fini le serveur pas sympa, l'ambiance pas toujours hyper accueillante.

L'idée c'est de partager un diner avec des inconnus et de leur faire découvrir les petits plats qu'on aime bien préparer contre rémunération. Aux États-Unis ça fait dix ans que le concept existe, des restos underground on en trouve partout et ça pourrait bientôt être la même chose chez nous.

Manu et Anaïs, déjà 9 dîners en 3 mois, par Diane Ferchit

 

Des inconnus à sa table ? Même pas peur ! Emmanuel et Anaïs sont un couple de parisiens, ils se sont lancés dans l'aventure il y a trois mois et ils ont déjà neuf dîners à leur actif. Beaucoup de touristes venus testés la cuisine et l'ambiance d'un repas "à la française" mais aussi des parisiens, des locaux, curieux de rencontrer de nouvelles têtes.

Pour Manu et Anaïs l'atout principal du concept c'est la convivialité, en revanche pour le complément de revenu c'est pas vraiment ça :

On a fait le calcul, on n'a pas gagné plus de 30 euros au total. Pour que ça fasse un complément de revenu, il faudrait vraiment que l'on ait tous les jours du monde. C'est plus une notion de demander une participation aux frais de la soirée plutôt que de faire payer comme pourrait le faire un restaurateur pour en faire un business.


 

De plus en plus de participants

De nombreuses plateformes ont vu le jour pour permettre aux intéressés de se mettre en relation. Elles enregistrent de plus en plus d'inscrits. Sur Vizeat par exemple, le site compte aujourd'hui 10 000 personnes prêtes à se mettre aux fourneaux partout dans le monde, une croissance exponentielle puisque le site a vu le jour il y a à peine plus d'un an.

Camille Rumani et Jean-Michel Petit, les fondateurs de Vizeat, par Diane Ferchit

 

Le site touche 15% de commission pour chaque dîner organisé mais ses fondateurs ne poussent pas
les utilisateurs à augmenter leurs prix, bien au contraire ! Le but, c'est que le concept reste avant tout un outil de rencontre entre voyageurs et locaux, ils surveillent de près ceux qui ont une activité trop intense et quasiment commerciale.

Ces dérives, elles sont aussi observées de près par les restaurateurs, ils parlent de "restaurants clandestins". Des restaurateurs qui ne sont pas pour autant opposés à la pratique, Didier Chenet le président du Synhorcat met tout de même en garde les adeptes du resto à la maison :

Pour un repas comprenant une entrée, un plat, un dessert, des alcools servis sur fond de musique, on trouve des offres à 80 euros sur des plateformes numériques. Nous ne sommes plus là dans un modèle de participation aux frais, mais bien dans un commerce qui s’affranchit totalement des questions de santé publique et de toute fiscalité et réglementation.


 

Et les restaurateurs estiment que d'ici trois à cinq ans il pourrait y avoir 20 000 de ces restaurants clandestins en France.

Demain, le resto c'est chez moi.

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