Demain, la France accueillera tous les réfugiés ?

Mouv' Futur (2015-2016) Vendredi 11 septembre 2015

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Demain, la France accueillera tous les réfugiés
François Hollande l'a annoncé lors de sa dernière conférence de presse : la France accueillera 24.000 réfugiés en deux ans. Et si notre pays allait plus loin ? Et si on ouvrait nos frontières à tous les réfugiés.

 

La photo du cadavre d'un enfant syrien de trois ans sur une plage turque a été le déclic. Il y a un avant et un après Aylan. Avant, c'était le 2 septembre, un sondage Elabe pour BFM-TV : 56% des Français sont opposés à l'accueil de migrants et de réfugiés venus de Syrie. Après, c'est ce mercredi 9 septembre, le même institut d'opinion : 53% des Français sont favorables à cet accueil.

Signe d'un revirement, François Hollande a annoncé lundi en conférence de presse que notre pays accueillerait 24.000 réfugiés syriens dans les deux prochaines années. Un premier pas, mais un pas qui divise. Nicolas Sarkozy, le président du parti Les Républicains, est persuadé qu'il s'agit d'un mensonge et que les réfugiés, une fois arrivés dans l'espace Shengen, se précipiteront tous chez nous (perspective qui ne semble pas l'enchanter).

Une quarantaine d'ONG (parmi lesquelles Emmaüs, Médecins du Monde ou le Secours Catholique) ont, au contraire, signé une lettre ouverte pour réclamer, entre autres, de l'Elysée qu'il revoit ses chiffres à la hausse. Ce nombre serait "inadapté à la réalité immédiate" :

 

 

Et si nous allions en effet au-delà de ce seuil ? Et si on ne comptait plus les réfugiés ? Et s'ils pouvaient tous s'installer en France, à l'abri. "Ce n'est pas possible, ce serait l'explosion du contrat social", regrette Pierre Henry. "Nous faisons face à des peurs dont il faut tenir compte, non pas pour les suivre, mais pour faire de la pédagogie et expliquer qu'il n'y a pas de raison d'avoir peur."

Les maires de communes désertifiées, désindustrialisées, sont incohérents de ne pas être favorables à l'arrivée de ces gens sur leur territoire, ça apporterait de la vie, de l'emploi et de l'initiative.

Pierre Henry, directeur de l'association "France Terre d'Asile" © Augustin Arrivé

 

Même discours de la part de certaines personnalités de la société civile. Sur Facebook, le producteur de cinéma Dominique Besnehard militait récemment pour la venue de réfugiés dans la campagne creusoise qu'il traversait alors :

 

Le producteur Dominique Besnehard, le 5 septembre dernier, sur Facebook (capture d'écran)

 

Les problèmes naissent bien souvent de l'accueil réservé par les populations locales. L'exemple récent de Pouilly-en-Auxois, en Côte d'Or, relaté par FranceTVinfo, est significatif : si beaucoup, à commencer par le maire, se montrent bienveillants, heureux d'apporter une aide, d'autres craignent une recrudescence des viols et se plaignent de voir des allocations dépensées pour des étrangers.

Absurde : de nombreuses aides ne sont versées qu'après plusieurs années de présence sur le sol français. Le chercheur Xavier Chojnicki, mandaté par François Fillon, publiait en 2010 une étude montrant que l'immigration (ce qui, certes, est plus large que les seuls réfugiés) permettait à l'Etat de gagner de l'argent. En échange du versement de 68,4 milliards d'euros, le Trésor Public récoltait 72 milliards d'euros de cotisations.

L'OCDE précise que l'entreprenariat est "légèrement plus élevé parmi les immigrés que parmi les natifs". Pierre Henry confirme : "Il faut dire aux Français qu'accueillir des réfugiés ne leur retire rien."

 

 


 

 

Photo de couverture : Cc FlickR Sarah Murray


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