Demain, des J.O en Seine-Saint-Denis ?

Mouv' Futur (2015-2016) Vendredi 25 septembre 2015

Réécoute
Demain, des J.O en Seine-Saint-Denis ?
Les grands noms du sport français lancent une campagne de crowdfunding pour financer la candidature parisienne pour les J.O 2024. Des jeux qui se joueraient en grande partie en Seine-Saint-Denis. Les jeunes du département rêvent de retombées économiques et d'emplois en masse.

Lancée ce 25 septembre à 20h24 précisément, cette campagne de crowdfunding vise à financer une partie du dossier de candidature, estimé à 6,2 milliards d'euros (dont 4,4 milliards seront pris en charge par le CIO).

Teddy Riner et Tony Parker font partie des nombreux sportifs qui jouent les têtes de gondole, rassemblés derrière un slogan : "Je rêve des jeux !".


Mais si Paris est choisie, l'essentiel des épreuves se déroulera en Seine-Saint-Denis, un engagement clair de a maire de Paris Anne Hidalgo pour répondre à une double problématique : la capitale manque de place et la Seine-St-Denis, future place forte du Grand Paris, souffre d'un déficit d'image. 

Déconstruire les préjugés

Si le "93" est le département le plus jeune de France (un tiers des jeunes ont moins de 18 ans), c'est aussi le plus pauvre. Une pauvreté qui touche 34% des jeunes. Alors sur place, les attentes sont fortes. A l'Université de Villetaneuse (Paris 13), plus que de pouvoir assister aux compétitions, les étudiants espèrent que les J.O créeront de l'emploi : 

Plus de transports, plus de moyens, des entreprises qui vont tourner autour, c'est sûr ça va créer du boulot [...] Il y a plein de métiers autour du sport, cela permettra à certains jeunes d'avoir leur premier emploi, de s'ouvrir, de sortir [...] En même temps, le problème, c'est que ce sera sans doute temporaire.



Une problématique soulevée par l'économiste du sport Wladimir Andreff, professeur émérite à la Sorbonne. Pour lui, "les retombées en terme d'emploi seront totalement négligeables."

"Traditionnellement, explique-t-il, les J.O créent des milliers d'emploi temporaires, pour la construction des équipements sportifs et des infrastructures" (village olympique, village médias...). Seuls quelques centaines d'emplois subsistent une fois les jeux terminés.

Wladimir Andreff / CC Flickr Play the Game


"Toujours bon à prendre" réplique Said Hammouche. Il dirige le cabinet de recrutement Mozaïk RH, qui facilite l'embauche des jeunes diplômés de banlieue. 

Même si ce ne sont que des contrats courts, une activité économique qui cesse au bout de trois semaines, ça permet de mettre le pied à l'étrier, de rencontrer du monde, de déconstruire les préjugés qu'ont les recruteurs sur le 93 et les jeunes du 93 sur les recruteurs. C'est ça ou rien. Et pour l'instant, il n'y a rien.



Les promoteurs de "Paris 2024" promettent que les infrastructures qui seront construites pour les jeux seront pensées pour être réutilisées. Le "village médias" pourra ainsi accueillir des entreprises une fois les J.O terminés, la promesse d'hypothétiques emplois durables pour les jeunes de Seine-Saint-Denis.

Reportage : Sébastien Sabiron 

 

 


 

Crédit photo : Capture Youtube

Retrouvez Mouv' Futur ici.

 

 

Commentaires