Dans la barque des migrants

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Jeudi 31 octobre 2013

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Dans la barque des migrants
Les récents naufrages au large de Lampedusa rappellent aux Européens le drame de la guerre et les écueils des révolutions. L'immigration clandestine est une étape extrêmement risquée vers une possible liberté.

 

Vanessa Descouraux, notre correspondante en Egypte, a rencontré un migrant naufragé. Son reportage est à écouter ci-dessus.

 

Avec 3.000$, un migrant pourra se payer un passeur pour tenter la traversée depuis l'Egypte vers l'Europe. Avec 500$ de rallonge, il ne se fera probablement pas pincer par la police. C'est ce qu'explique Rida Shafik, une militante associative. Les naufrages qui endeuillent la côte italienne ont aussi des responsables à chercher dans les rangs des douaniers : ces 500$ représenteraient le bakchich pour graisser la patte des agents de sécurité.

 

Naufrage meurtrier à Lampedusa, le 3 octobre dernier © Euronews, 2013

 

Il n'y a que quatre jours de mer à braver en partant d'Alexandrie, alors peu importe le risque. Mohamed, originaire de Syrie, a tenté le coup au début du mois. Ils étaient 150 à s'être donné rendez-vous sur la plage, entre un restaurant et un baraquement militaire. "Nous sommes montés sur cinq barques à moteurs, ça faisait beaucoup de bruit, c'était très simple de nous repérer." Les soldats ne mouftent pas. Les embarcations prennent le large.

 

Deux heures plus tard, ils montent à bord d'un bateau de pêche. Surchargé, il se casse en deux. Quinze morts. Mohamed a la chance de porter un gilet de sauvetage. Il nage pendant quatre longues heures jusqu'au rivage. Il est épuisé mais libre. Ses frères et soeurs, livrés à la police, moisissent depuis en cellule. Ils pourraient être renvoyés en Syrie, une expulsion qu'ils ressentent comme une condamnation à mort.

 

Accostage d'un bateau de migrants africains à Lampedusa © Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU, 2008

 

"C'est du trafic d'êtres humains", conclut le survivant, affligé. Son père, qui tient un resto à Alexandrie, culpabilise d'avoir laissé ses enfants partir sur l'eau. "On a fait le mauvais choix". Il ne maîtrise plus grand chose, désormais.

 

L'immigration, ça se raconte aussi en bande dessinée. Visite d'une expo au musée de l'Histoire de l'immigration en cliquant par ici.

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