Dali retrouvé

Plan B (best of) Jeudi 22 novembre 2012

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Dali retrouvé
Frédéric Bonnaud reçoit Jean-Michel Bouhour commissaire de l'exposition Dali au Centre Pompidou (Paris).

Dali, une exposition du Centre Pompidou du 21 novembre 2012 au 25 mars 2013, présentée par Jean-Michel Bouhour, commissaire et conservateur.

Exposition organisée par le Centre Pompidou avec le MNCARS, Madrid en partenariat avec la Fondation Gala-Salvador Dalí et le Salvador Dali Museum.

Le Centre Pompidou rend hommage à l'une des figures magistrales les plus complexes et prolifiques de l'art du 20e siècle, Salvador Dalí, plus de trente ans après la rétrospective que l'institution lui avait consacrée en 1979-1980. Souvent dénoncé pour son cabotinage, son goût de l'argent et ses prises de positions politiques provocatrices, Dalí est à la fois l'un des artistes les plus controversés et les plus populaires. C'est toute la force de son œuvre et toute la part qu'y tient sa personnalité, dans ses traits de génie comme dans ses outrances, que cette exposition sans précédent veut aussi éclairer.

Parmi les chefs-d'œuvre exposés, les visiteurs redécouvriront quelques-unes des plus grandes icônes, à l'exemple du plus célèbre tableau de l'artiste, La Persistance de la mémoire, plus communément appelé Les Montres molles. Ce prêt exceptionnel du MoMA rejoint un choix d'œuvres majeures réunies pour cette rétrospective grâce à une étroite collaboration nouée avec le Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, de Madrid, et la participation conjointe de la Fundació Dalí à Figueres et du Dalí Museum à Saint-Petersburg (Floride). Avec plus de deux cents peintures, sculptures, dessins, auxquels s'ajoutent des films, extraits d'émissions et photographies, c'est aussi l'œuvre du pionnier du « happening », auteur d'œuvres éphémères qui est aujourd'hui exposé. Michel Déon, qui avait traduit les écrits de Dalí, souhaitait qu'on juge l'artiste sur son œuvre. C'est toute l'ambition de cette exposition. Déon souhaitait qu'il abandonnât ses « clowneries » : l'exposition au contraire montre qu'elles étaient le fait d'un artiste « performeur » avisé, précurseur, et plein d'humour. Dalí aimait mêler l'art et la science, sa fameuse méthode paranoïaque-critique fondée sur le délire d'interprétation prétendait se saisir de tous les domaines de la création comme de la connaissance, afin de « daliniser » le monde. Ce grand manipulateur de média considérait l'art comme un fait global de communication. Sous toutes ses facettes, Dalí interrogeait la figure (persona) de l'artiste face à la tradition et au monde.

Mister Dali, par Jean-Michel Bouhour, commissaire et conservateur.

Quand en 1941, Dalí écrit La Vie secrète, il décrit ses années de jeunesse où, retranché dans la buanderie sous les combles de la maison familiale, il signe déjà une posture qu'il ne quittera plus. Se placer au-dessus de la mêlée, sur un perchoir, pour ne plus être intimidé par les jeunes filles qui croisées dans la rue « lui faisaient honte ». Ce sentiment de supériorité qui cachait une timidité sans bornes, privait Dalí des plaisirs de la vie quotidienne : « Moi Salvador je devais demeurer dans mon baquet, avec les chimères informes et aigries qui entouraient ma rébarbative personnalité. » (p 87, La Vie secrète)
Dalí cherche à capter l'attention de ses professeurs à l'Académie San Fernando de Madrid, en activant ses penchants exhibitionnistes : « Puisque eux ne pouvaient rien m'apprendre, je pensais que moi, j'allais leur expliquer ce qu'est une personnalité ». Il la construit comme un atout extraordinairement précieux : « Je ne voudrais pour rien au monde échanger ma personnalité avec celle d'un de mes contemporains. » (p 174, La Vie secrète). Pour autant, quand Gala rencontre Dalí à l'été 1930, elle le trouve antipathique dans les premiers instants, principalement à cause de cette construction d'une persona quelque peu folklorique, sous l'allure d'un danseur de tango aux cheveux gominés. (lire la suite sur le site du Centre Pompidou).

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Plan B... Pour Bonnaud est une émission préparée par Amel Khaldi et Nicolas guyonnet et réalisée par Christian Rose avec le concours des techniciens du Mouv' et de Radio France.

Le générique de l'émission est Yegelle Tezeta par Mulatu Astatake. La plupart de ses compositions sont disponibles dans la collection Les Ethiopiques, qui publie les standards de la musique Ethio-jazz.

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