Ctrl + alt + suppr = erreur !

L'actualité numérique Mardi 01 octobre 2013

Réécoute
Ctrl + alt + suppr = erreur !
Ce raccourci clavier qui tord les doigts et qui ne veut trop rien dire à nos oreilles, nous le connaissons tous. Tout le monde a un jour appuyé simultanément sur ces touches pour sortir son PC de sa torpeur. Sauf que voilà, ctrl + alt + suppr est en fait une "erreur" !

 

Et ce n'est personne d'autre que Bill Gates, qui glisse ainsi cette commande difficile dans la corbeille.

Il y a quelques jours, rapporte le site Slate, le papa de Microsoft a ainsi déclaré, en plein milieu d'une conférence, que la combinaison ctrl+alt+suppr était "une erreur". Erreur qu'il attribue en réalité surtout au constructeur IBM, qui à l'époque, aurait refusé de transformer cette commande en un bouton unique, auquel aurait pourtant pensé, toujours à en croire Bill Gates, les équipes de Microsoft.

C'est vrai qu'un bouton d'urgence, placé dans un coin du clavier, n'aurait pas été de trop. Une sorte de champignon rouge à activer dès que l'ordi se met à bugguer, en faisant ces sons qui nous ont coûté à tous quelques poignées de cheveux :

 

 

Malgré l'absence déplorable et aujourd'hui officiellement déplorée de cette touche magique, il n'en reste pas moins que la commande compliquée ctrl+alt+suppr a su s'imposer auprès des utilisateurs de PC. Si vous ne connaissiez pas "contrôlaltsup'" (prononcé aussi "cétéairelaltsup", du côté de ceux qui ignorent encore, comme ce fut longtemps mon cas, le langage caché des touches de clavier), on vous l'a forcément susurré à l'oreille, au bureau ou ailleurs, alors que vous étiez en train de hurler à la mort devant votre ordinateur désespérément planté.

Et avec un peu de chance, vous constatiez alors que cette formule magique digne d'Harry Potter qui aurait mangé un ingénieur informaticien, vous permettait de calmement fermer des programmes récalcitrants et de restaurer ainsi un calme apparent sur votre écran. Voire de le redémarrer, histoire d'apaiser un peu la bête.

Cette combinaison de trois touches à actionner en même temps est en effet bien souvent l'ultime étape avant la mesure radicale et interdite, que votre père (ou votre mère, ça marche aussi) vous a interdit de faire lorsque vous vous êtes retrouvés pour la première fois devant le PC familial originel : appuyer longtemps sur le petit bouton de la tour de l'ordinateur. Pour l'éteindre sans préavis.

On le sait moins, mais outre nous faire mal aux doigts et nous faire tirer la langue, cette commande a aussi fait de son inventeur, un certain David Bradley, une véritable starlette dans la communauté des développeurs, qui ont vu leur travail simplifié par l'introduction de cette combinaison. Tant et si bien que l'ingénieur de chez IBM dédicace régulièrement des claviers !

Outre son petit côté madeleine de la technologie, cette anecdote met aussi en lumière que réaliser un clavier, ce n'est pas donné ! La place est limitée (et c'est d'autant plus vrai aujourd'hui sur nos tablettes et nos téléphones), il faut donc choisir avec précaution les caractères qui auront l'honneur d'y figurer. Il faut ensuite les ordonner avec finesse, afin que l'objet soit parfaitement pratique, ergonomique et si possible, universel. Coton donc !

 

Tout un tas de légendes entourent donc le cheminement créatif qui a abouti aux claviers actuels. Slate raconte encore que l'apparition du fameux Qwerty (et de sa déclinaison française Azerty) reste nimbée de mystères.

Mais tout ça, c'est du passé, puisque plusieurs chercheurs se creusent le ciboulot pour adapter ces bonnes vieilles touches à nos nouveaux usages connectés. Certains cherchent à glisser un nouveau caractère exprimant l'ironie dans les claviers, déplorant que les sarcasmes ne soient pas toujours détectés dans nos divers SMS, mails et tweets, provoquant ainsi quelques qui pro quo.

D'autres encore cherchent à remplacer l'ancien par du neuf, plus compatible avec nos usages mobiles. Le clavier KALQ par exemple, disponible en application Android, propose un clavier scindé en deux, de part et d'autre de l'écran pour un rendement é-nor-me : 37 mots / minute contre un peu moins de 28 sur un clavier classique.

Si avec ça, on ne devient pas tous romanicers sur tablette !

SONS :

- Le thème de Mission Impossible avec des sons de Windows. On vous l'accorde, c'est pas toujours convaincant, mais bel effort !

Andréa Fradin

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