Common, le retour gagnant

Les plages musicales (2013-2014) Lundi 21 juillet 2014

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Common, le retour gagnant
Avec son dixième album, le premier pour le label de légende Def Jam, le rappeur de Chicago signe une ode sombre et désabusée inspirée par sa ville. Sombre, désabusé mais totalement lumineux ce "Nobody's Smiling" : là est tout le paradoxe Common.

On croyait l'avoir perdu à un moment donné de sa carrière dans laquelle lui-même s'était fourvoyé. Entre les albums mégalomaniaques, les très mauvais, et sa carrière d'acteur qui prenait le pas sur celle de rappeur, Common a longtemps oublié de confirmer les qualités qu'on aimait chez lui. Jusqu'à ce retour gagnant opéré avec ce dixième album paru le 21 juillet, un disque qui se classe déjà dans les grandes réussites hip-hop de l'année.

 

Cette réussite, il là doit sans doute à un retour à la sagesse et à la simplicité, deux points forts qui lui ont parfois fait cruellement défaut alors qu'ils l'avaient élevé aux plus hautes sphères du rap quand, en 2000, il publiait son chef d'oeuvre, "Hot Like Water Chocolate". En parallèle de sa carrière de rappeur, l'ex d'Erykah Badu et de Serena Williams se lançait aussi dans le cinéma (American Gangster) ainsi qu'à la télévision américaine, se donnant encore plus d'occasions d'y perdre son rap.

 

A force de se chercher en ne se trouvant que très rarement, c'est en retrouvant N°I.D., celui qui avait produit ses trois premiers disques, qu'il a de nouveau entraperçu la lumière il y a deux ans sur le disque "The Dreamer / The Believer". Producteur mythique de Chicago, N°I.D. est aussi l'homme qui a hissé Kanye West vers les sommets. Désormais directeur artistique du label Def Jam, il a de nouveau oeuvré aux destinées studio de Common pour "Nobody's Smiling". Bien leur en a pris.

 

Si le rappeur doit son inspiration à sa ville, ce n'est pas tant une déclaration d'amour à Chicago que le constat de ses changements et de la violence qui continue de la gangrener, pointant le fait qu'elle est désormais surnommée Chiraq, association des syllabes "Chi" de Chicago et "Raq" pour Irak. "314 soldats sont morts en Irak, 509 à Chicago" rappait-il en 2011 dans "Murder to Excellence" sur l'album "Watch The Throne" de Jay-Z et Kanye West.

 

Mais "Nobody's Smiling", c'est surtout un retour à la simplicité musicale (qui prend parfois des chemins torturés et lui donne son ambiance sombre) et à ses samples soul et funk que sa voix de velours affectionne tant, tout particulièrement sur le très accueillant single "Kingdom" sur lequel il accueille Vince Staples, le jeune rappeur qui monte. Dans cette actualité de juillet en somnolence où le mauvais retour de La Roux croise celui, dont on se fout mollement, de Morrissey, ce retour aussi brillant qu'inespéré n'inspire qu'un seul cri de ralliement possible : "Come on, Common !"

 

 

 

 

Album - "Nobody's Smiling" (Def Jam / Universal)

 

 


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