Claude Loirand, l'inventeur compulsif

La Pop au carré Samedi 01 février 2014

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Claude Loirand, l'inventeur compulsif
Vingt-cinq années de concours Lépine, dont six en tant que secrétaire général, ça vous change un homme. Le Nantais Claude Loirand est un inventeur génial, papa d'un prototype de stationnement vélib', d'un surf à moteur ou d'un ramasse-balles de golfs.

 

A 75 ans, Claude Loirand est à la retraite. Il a quitté son travail de VRP depuis un bail, et a démissionné de son poste d'encadrement du concours Lépine ("il faut du sang neuf"). Mais c'est un retraité actif, qui négocie encore pour vendre son système révolutionnaire de clignotants de vélo à une association nantaise. "Je n'ai plus l'âge pour lancer la production moi-même, alors j'essaie de placer mon produit."

Au dessus de son bureau, il garde la photo de l'immense voilier qu'il avait construit lui-même et sur lequel il emmenait sa famille à travers la Méditerranée. Son cousin Dominique, qui fut parfois du voyage, garde le souvenir d'un homme "formidable, qui sait rêver, faire rêver et concrétiser ses idées". Son épouse, Yvette, s'amuse, de son côté, de voir un homme "avec toujours une idée en tête". Par exemple, l'autre jour, il a équipé son club de golf d'un système pour ramasser les balles sans se pencher. Enfantin, astucieux : tous ses camarades ont voulu le même.

 

Claude Loirand et son ramasse-balles (non breveté)

 

Le ramasse-balles, c'est juste un petit bricolage du dimanche, mais il y eut des inventions beaucoup plus sérieurses. Tout à commencé dans les années 80, quand son métier l'obligeait à des déplacements réguliers. "Je me suis fait voler ma voiture sur le parking d'un salon parisien. A l'époque, les véhicules étaient mal sécurisés. Alors j'ai eu l'idée d'un antivol mécanique."

Il importe le verrou de Scandinavie et construit son prototype. Il dépose un brevet et le présente au concours Lépine, décrochant deux prix majeurs. Le modèle suivant, encore plus perfectionné, obtiendra la note maximale lors d'un test organisé par les compagnies d'assurances. Son hobby devient alors un métier. Il monte une SARL avec Yvette pour produire lui-même l'objet. Des équipementiers et des constructeurs automobiles lorgnent vite dessus, si bien qu'il en vend des milliers, notamment pour Renault.

 

Claude Loirand et l'antivol qui a fait sa réputation d'inventeur

 

Quelques années plus tard, c'est un surf à moteur qui reçoit les félicitations de sauveteurs en mer. "Chaque idée naît d'un événement. En l'occurrence, j'avais lu dans la presse qu'un maître-nageur parti au secours de deux enfants pris dans un courant fort était arrivé à leur niveau épuisé par les vagues et n'avait pu en sauver qu'un. Je me suis dit qu'avec une planche motorisée, il aurait économisé son énergie."

Arrivé parmi les dirigeants du concours Lépine, il voit défiler à son tour des dizaines d'inventeurs indépendants. "Tout le monde peut avoir une bonne idée. Le tout, c'est de savoir la concrétiser, et le concours me semble être une étape obligatoire." Il recommande à tous ceux qui voudraient se lancer dans le métier de se renseigner sur la méthodologie des brevets. Ca peut coûter assez cher mais l'AIFF (l'Association des Inventeurs et Fabricants Français) donne de bons conseils.

 

Sa dernière invention brevetée : un étui à paquet de clopes servant de range-mégots

 

Aujourd'hui, Dominique, le cousin, a repris le flambeau. En 2010, il a reçu la médaille d'or pour un système de voiture électriques en location commandables à distance depuis un smartphone. Une idée qu'il vient d'adapter pour L'Alpe-d'Huez, où vous pouvez désormais louer une auto avec votre forfait de ski. Des négociations sont en cours pour faire de même à La Baule, sur la côte Atlantique.

 

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Reportage, photos et mise en page : Augustin Arrivé


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