Chut! Y a la rue Timbaud qui fait dodo

le Reportage de la Rédaction Lundi 17 février 2014

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Chut! Y a la rue Timbaud qui fait dodo
C'est un classique dans toutes les rues de la soif de France. Les bars se concentrent dans le même quartier, les fêtards aussi, et les riverains craquent. Exemple dans le XIe arr. de Paris, quartier d'Oberkampf. Rue Jean-Pierre Timbaud, la guerre est ouverte.

Que celui qui n'a jamais chanté faux et à tue-tête en sortant tard d'un bar nous jette le premier gobelet. Rue Jean-Pierre Timbaud, cela fait trois ans que les riverains et les patrons des bars essaient de s'entendre, sans succès. L'association des riverains du 11ème arrondissement ne demande pourtant pas la fermeture des bars. Elle voudrait juste que les fêtards cessent de hurler sous ses fenêtres, d'uriner sous les portes cochères et de planquer des bouteilles pleines dans les buissons.

 

L'association des riverains, un peu fatiguée par les nuits sans sommeil

 

La mairie du 11ème arrondissement avait mis en place une médiation pour tenter de trouver une solution. Les patrons de bar ont fait des travaux d'insonorisation, ils ont embauché des vigiles, installé des oriflammes, mais rien n'y fait. Les voisins ont l'impression que rien ne change.

En 2012, Bruitparif a même installé cinq sondes sonores dans le quartier pour essayer de mesurer le bruit, et de trouver des solutions. Mais l'expérience a tourné court, les mesures montrent bien un pic de décibels à deux heures du matin, heure de fermeture des bars, où la clientèle se retrouve dans les rues mais tout le monde s'en était déjà rendu compte.

 

Plutôt qu'un oriflamme comme celui de droite, David Gamrasni, le patron du Pili Pili, avait accepté l'installation d'une sonde sonore au dessus de son bar. Il a décidé de ne plus être gentil. 

 

Depuis plusieurs mois, le dialogue est rompu. Riverains et mairie d'un côté, commerçants de l'autre, mais plus personne ne se parle. Les rares échanges sont peu courtois :

 

 

Les commerçants en ont marre de passer pour les vilains petits canards du quartier. Ils assurent avoir fait tout leur possible, et ils viennent de lancer une pétition pour montrer aux riverains et à la mairie que leurs clients les soutiennent. Car, faute de médiation, la mairie et la préfecture de police sont passées à l'offensive : les contrôles d'hygiène ou de droit du travail pleuvent sur les établissements de nuit. Le président de l'association des commerçants a fermé son bar, la Droguerie Moderne, à cause, dit-il, des pressions exercées par l'association des riverains.

 

L'ex-patron de la Droguerie Moderne, Selim Hammoumi, a mis son plus beau sweat pour la photo

 

Toute son équipe a d'ailleurs tourné une vidéo, mise en ligne ce week-end, pour expliquer la fermeture aux clients.

 

 

Prochaine étape pour l'association des commerçants : porter plainte contre le collectif des riverains. La guerre continue.

 


 

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Reportage et photos © Axelle Labbé

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