Chacun sa Route 66

La Pop au carré Lundi 28 juillet 2014

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Chacun sa Route 66
Mythe de la ruée vers l'Ouest, la Route 66 conserve aujourd'hui un patrimoine un brin figé, fait de motels, de Harleys et de santiags. Délaissée au profit des autoroutes, elle est mise en valeur par une expo en ce moment à Los Angeles.

 

Quand t'es dans le désert depuis trop longtemps, tu es bien content de tomber sur la Route 66. L'axe légendaire reliant Chicago à Los Angeles est une boussole pour le voyageur en road-trip et, encore aujourd'hui, une pompe à fric efficace pour touristes en mal d'imagerie fifties. Les vieilles pompes à essence Texaco y côtoient les simili-Peach-Pit servant milk-shakes aux enfants et bières fraîches aux bikers. Ca n'a sans doute plus l'authenticité d'antan, mais la carte postale est là.

 

Affiche de l'exposition "Route 66, the Road and the Romance" du Aubry Museum de Los Angeles

 

Sa construction a démarré en 1926, quand l'apparition de la Fort-T a permis de démocratiser l'automobile. Puis dans les années '30, ce sont les agriculteurs qui l'empruntèrent pour fuir la sécheresse (exode conté par John Steinbeck dans ses Raisins de la colère). "Ce mouvement vers l'Ouest distingue les Etats-Unis des autres pays pour les historiens", explique Jeffrey Richardson, le conservateur du musée Aubry de Los Angeles, qui lui consacre une exposition jusqu'au 4 janvier.

Nous avions cette vaste réserve de terres à conquérir. Cette idée de liberté de mouvement, de se prendre en main et d'aller vers l'Ouest pour se réinventer, remonte presque aux origines de ce pays et continue encore aujourd'hui.


 

Ces 3.945 Kms de bitume ont également fait le succès de Jack Kerouac, dont le Sur la route (récit d'une traversée physique et spirituelle à travers les Etats-Unis) est devenu l'un des symboles de la Beat Generation. L'auteur l'a écrit en trois semaines seulement, attablé devant sa machine à écrire, après avoir scotché bout à bout dix rouleaux de papier à dessin.

 

La Route 66 : vieilles bagnoles, ventes d'armes et bannières étoilées © Elise Thibaut

 

Depuis les années '80, la Route tombe en décrépitude, souvent mal entretenue, couverte de nids de poule comblés à la va-vite. Elle est abandonnée par les services de voierie qui préfèrent bichonner les highways, bien plus utilisées. Le reflet ciné du grand axe est à l'image de cette dégringolade : passé en quarante ans de la folie d'Easy Rider à la laborieuse saga Cars.

 

Sauvons la cravate western ! Un combat porté ici par Jean-Matthieu Pernin.

Et hop ! Une petite sélection folk avec Adam Wood ! C'est par là.


 

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Photo de couverture et mise en page : Augustin Arrivé

Reportage : Coralie Garandeau

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