Ces adultes qui font de la trottinette

Rien à voir Jeudi 24 avril 2014

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Ces adultes qui font de la trottinette
Vous les avez probablement vus dans la rue, ils ont des costumes ou des tailleurs de conseiller financier, ils sont nés sous Giscard, voire sous Pompidou. Ils paient des impôts, ont des tickets resto, une mutuelle, un ulcère. Bref, ce sont des grandes personnes, sauf qu'ils se déplacent en patinette.

Dans la vie, quand tout se déroule comme prévu, on est enfant, après on est adolescent, après on est adulte et après on meurt.

C'est comme ça, ne me demandez pas pourquoi. Et alors que la plupart des gens s'en accomodent très bien, et franchissent toutes ces étapes sans trop rechigner, il y a une catégorie de personnes qui fait de la résistance. On les appelle les adulescents, les enfultes, ou encore les adultes qui font de la trottinette.

Vous les avez probablement vus dans la rue, ils ont des costumes ou des tailleurs de conseiller financier, ils sont nés sous Giscard, voire sous Pompidou. Ils paient des impôts, ont des tickets resto, une mutuelle, un ulcère. Bref, ce sont des grandes personnes, sauf qu'ils se déplacent en patinette.

Et quand tu leur demandes pourquoi, ils ont tous la même réponse, ils te rétorquent que :

Quand même, c'est vachement pratique...


 

 

Ca on veut bien le croire, mais ça n'est pas une raison suffisante. On a évidemment à notre disposition des objets pratiques mais moches, c'est pas pour autant qu'on les utilise. Sinon, on aurait tous des sacs bananes, des toiles cirées, des chaussures mephisto et des cartes d'adhérents au Modem. Ben oui, le centrisme, c'est comme le chifoumi, c'est pratique quand on sait pas trop quoi choisir.

Mais s'il n'y avait que la trotinette, Aurélie, ce serait pas si grave. Le problème, c'est que les enfultes font plein d'autres trucs très gênants. Par exemple, ils vont chez Disney. Même quand ils n'ont pas d'enfants. Ils prennent le RER de leur plein gré, ils vont chez Disney et ils font la queue 45 minutes pour faire des selfie avec Tic et Tac.

 

Ces adultes qui ne veulent pas grandir font un tas d'autres choses déconcertantes: ils boivent des mojitos à la fraise tagada, ils vont dans des restaus qui servent du jambon coquillettes à un smic, ils portent des t-shirt Goldorak, ils utilisent les mots "caca" "prout" ou "dodo" sans aucune ironie ni second degré.

Les cabinets de tendance vont diront que c'est une mode, un style de vie.  Moi, perso, je dis que c'est un trouble de la personnalité.

Des rave-parties pour enfants

Et alors puisqu'on en est là, puisqu'il n'y a plus aucun repère pour chaque tranche d'âge et que tout le monde fait n'importe quoi, on pourrait imaginer que les enfants, les vrais, pourraient eux aussi jouer à faire les adultes. Et ben on imagine bien. 

C'est une nouvelle mode qui nous vient de Grande Bretagne. Et c'est le Point.fr qui s'en fait l'écho. Là-bas, Hannah Saunders une mère de famille de 45 ans, a crée sa société qui s'appelle Big Fish Little Fish (grand poisson petit poisson).

Une société qui organise des "rave-parties" pour enfant. Oui, ça faisait longtemps qu'on avait plus entendu ce mot et pour cause.

Les rave-parties, c'est un truc qu'on croyait réservé aux années 2000 avec toutes les autres plaies de cette décennie: les blancs qui portent des dreads, l'ouragan Katrina et Dr Alban. Et pour ceux qui auraient oublié qui est Dr Alban, je suis obligée ici de remplir mon devoir de mémoire

 

(bon en vrai, Docteur Alban c'est l'année 93 mais c'est juste parce que je rêvais de passer du Dr Alban sur le mouv)

Les rave parties donc, ça revient et c'est censé remplacer les goûters au papy brossard et les sorties au square.

Ces fêtes se déroulent l'après-midi (quand même) mais dans des clubs habituellement réservés aux adultes. Les parents peuvent venir y danser avec leur progéniture de 14h à 16h30.

 

Niveau musique: point de BO de la reine des Neiges ou de danse des canards, mais de l'électro, de la house et de la drum'n bass.

Le bar propose des bières pour les grands et des jus de fruits pour les petits. Il y a même un bar à tattoo ou les enfants pourront se faire poser de tatouages. Des faux tatouages, mais quand même, c'est chelou.

Du coup, ça pose un problème, on avait adulescents et enfultes pour désigner ces adultes qui ne veulent pas grandir. Mais on n'a pas encore de mot pour ces enfants à qui on enlève la brioche Pitch de la bouche, à qui on demande de faire tous comme les grands. Non, y a pas de mots encore. Je propose, pauv' gosses.

 

 


 

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