Ce que les footballeurs cherchent sur Internet avant de changer de club

Va y avoir du sport Mardi 03 juin 2014

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Ce que les footballeurs cherchent sur Internet avant de changer de club
Que fait le footballeur quand un club français inconnu ou une équipe macédonienne l'appelle pour le recruter ? Il tape le nom de la ville sur Internet, va faire un tour sur Wikipedia et Google Images, va sur les sites sportifs. Des joueurs de foot nous racontent leurs recherches Google favorites.

Le Poiré-sur-Vie ou Raon-L'Etape ? 

Il faut imaginer à quoi ressemble le quotidien d’un joueur de foot quand il a envie de changer d’équipe. Des agents l’appellent, lui disent :

 Ecoute, j’ai plein de super offres, que des clubs qui t’assurent de jouer tous les matches.


Le footballeur est charmé, il veut en savoir plus. L’agent ajoute :

 J’ai une offre qui vient du Poiré-sur-Vie et une autre de Raon-L’Etape.


Ou plus exotique :

C’est un club vraiment très fort, c’est le Lokomotiv Plovdiv.


 

 

Donc là, soit le footballeur dit oui tout de suite et ça peut s’apparenter à un suicide. Soit il décide de faire quelques recherches, notamment sur le net.

L’idée du sujet m’est venue d’une interview de l’attaquant Guillaume Hoarau dans l’excellent So Foot. Il racontait son expérience assez pénible en Chine, il expliquait : 

Dalian – le club où il a signé -- n’était pas la ville prospère et festive décrite sur Internet.


Je me suis dit : mais qu’a-t-il cherché sur Internet ? Peut-être ne connaît-il pas Google ? Peut-être est-il comme une mamie à qui le petit-fils doit tout expliquer ?

La première page de Google Images

Les footballeurs ne sont pas souvent des geeks, l’essentiel de leurs recherches, c’est de taper le nom de la ville sur Google et d’aller voir Wikipedia et Google Images.

L’un d’entre eux m’a par exemple expliqué :

Avant de signer à Chypre, j'ai pris le temps de me renseigner. Surtout sur Wikipedia. J’ai tapé « Nicosie », j’ai vu que c’était la capitale, ce qui est un très bon signe.


On a vite fait de croire qu’il y a des plages partout en Bulgarie, quand on ne regarde que la première page des résultats sur Google Images.

Les recherches sont un peu plus poussées pour ce qui fait le cœur de la décision, à savoir l’aspect sportif.

Le joueur va sur le site officiel du club que souvent il traduit avec Google Translate car l’alphabet cyrillique n’est pas son meilleur ami.

Il va sur Youtube, sur des sites spécialisés.

Le but, c’est de savoir si les infrastructures sont bonnes, s’il y a des compatriotes, s'il y a des concurrents à son poste.

Le véritable objectif, c’est de ne pas se faire arnaquer par le club et surtout par les agents qui n’hésitent pas à survendre les offres.

Les panneaux indiquant Brest s'éloignent

En fait, la recherche sur Internet est souvent un luxe pour le footballeur. En particulier pour ceux qui ne sont pas des stars, qui peinent à trouver des clubs, qui doivent attendre le dernier moment. Et ils sont la majorité.

Il y a des histoires incroyables. Felipe Saad, un Brésilien qui joue en Ligue 1, me racontait qu’un agent portugais l’avait envoyé à Brest pour faire un essai.

Tout content, il sort de l’aéroport, l’intendant du club vient le chercher en voiture et sur la route, il se rend compte que les panneaux de Brest s’éloignent.

Il essaie de se faire comprendre mais il ne parle pas français et l’intendant, lui, ne pipe pas un mot d’anglais.

Il commence à se dire qu’il est peut-être en train de se faire kidnapper. Et finalement, en arrivant au club, l’intendant revient avec une feuille : il barre le nom de Brest et il entoure celui de Guingamp.

C’est là que Felipe Saad comprend que l’agent lui a raconté n’importe quoi et que c’était à Guingamp qu’il devait faire son essai.

La morale, c’est que le footballeur n’est certes pas un animal numérique mais surtout, qu’il n’est souvent qu’une valeur marchande qu’on balade à droite, à gauche, sans lui demander son avis.  


 

Imanol Corcostegui

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