Captain America, super-homo contre l'Amérique

La Pop au carré Mercredi 26 mars 2014

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Captain America, super-homo contre l'Amérique
La dernière production Marvel a de quoi surprendre. Entre deux cascades survitaminées, le blockbuster dénonce l'ingérence américaine en Amérique Latine et au Proche Orient, et propose un super-héros proche de virer sa cuti.

 

Couverture de Captain America par John Romita Sr © Atlas Comics, 1954

On a beaucoup critiqué Captain America. Imaginé pendant la 2nde Guerre mondiale (première publication en 1940), ce super-soldat, façonné par les hauts gradés de l'armée US pour combattre le nazisme, devient le super-héros patriote par excellence, propagandiste, manichéen.

Steve Rogers porte la bannière étoilée sur son costume et symbolise la surpuissance du peuple américain, garant de la liberté contre l'étranger (le Reich, les Communistes, les guerrilleros...) et légitimant l'action militaire.

Réalisé par Joe Johnston, le premier opus restait dans cet état d'esprit, avec un vilain qui n'était rien de moins que le bras droit d'Hitler, et une équipe paramilitaire offerte en sacrifice pour sauver le monde.

Avec cette suite, les scénaristes ont appris de leurs erreurs et renversent la vapeur. Le captain, qui vit désormais dans un futur proche, découvre les nouveaux héliporteurs géants de son unité d'élite. Il perd pied : cette course à l'armement va trop loin. Il décide de claquer la porte.

 

Captain America, le soldat de l'hiver, de Joe et Anthony Russo © Walt Disney Company, 2014

 

Ce n'est pas la seule volte-face du super-héros à bouclier. Non seulement il va se retourner contre ses chefs mais il laisse également s'épanouir son ambiguité sexuelle, délaissant les femmes pour se rapprocher d'un vieil ami qui l'obsède jour et nuit. Crypto-gay et antimilitariste, Steve Rogers est tout ce que les super-héros n'ont jamais été. Venant d'un blockbuster Disney, on peut juger ça cynique, exaspérant ou malin. C'est en tout cas surprenant, ce que bien des films à grand spectacle n'arrivent plus à être.

 

Robert Redford et Samuel L. Jackson dans Captain America 2, de J. et A. Russo © W.Disney Company

 

Chris Evans, Scarlett Johansson et Samuel L. Jackson rempilent, rejoints par Robert Redford. Ils font le boulot, et les réalisateurs (les frangins Anthony et Joe Russo) fidèles aux traditions Marvel, s'amusent à planquer des Easter Eggs dans tous les coins (vérifiez bien la bibliothèque du héros), usant du name-dropping à l'excès (on nous parle de Coluche, de Louis de Funès et des cousins Avengers : Hulk et Iron Man) et assurant les cascades avec une certaine frénésie.

 

Captain America, c'était aussi un sacré nanar de 1989. Ilan Malka vous le présente ici.

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Critique et photo de couverture : Augustin Arrivé

 

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