Cachez ces chômeurs ! On ne veut plus les voir !

le Reportage de la Rédaction Jeudi 04 septembre 2014

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Cachez ces chômeurs ! On ne veut plus les voir !
Que penser de la phrase du ministre du travail sur la nécessité du contrôle des chômeurs ? Un gros dérapage ? Une faute politique ? Un lapsus révélateur ? Qu’en pensent les premiers concernés : les chômeurs ?

C’est révélateur des préjugés de la société

Les chômeurs sans aucune activité seraient aujourd’hui plus de 3.4 millions, selon les derniers chiffres sortis jeudi dernier. Dans l’ensemble le nombre d’inscrit à Pôle Emploi dépasse officiellement les 5 millions. Dans ce contexte plus personne ne croit à la promesse du président Hollande d'inverser la courbe du chômage.

Myriam, 23 ans, chômeuse.


Pourtant il y a des outils qui fonctionnent pour générer de l’emploi. C’est le cas des emplois d’avenir destinés aux plus jeunes. En 2013, ils ont permis à 100.000 jeunes de moins de 25 ans de trouver un poste pour trois ans. Cette année, ils sont déjà plus de 70.000 a en bénéficier. C’est ce qui explique la baisse de la courbe du chômage des jeunes.

C’est le cas dans la Sarthe, où le dispositif diligenté par la mission locale du Mans a tellement bien fonctionné que cette année, les entreprises qui viennent s’installer dans l’agglomération se tournent directement vers la structure associative pour mener à bien leur recrutement.

Mais avant, les soixante salariés de cette mission locale ont dû mouiller la chemise. Ils ont dû se battre sans relâche pour être reçus dans les entreprises, avoir des informations sur les offres de postes et surtout mettre à mal la multitude de préjugés anti-jeunes.

Les jeunes ne sont pas ponctuels, travailleurs, tenaces, polis, fiables…


Ce genre de jugement essaime dans toutes les entreprises. Au Mans, il a fallu de multiples stages, réunions, dispositifs financiers incitatifs, pour que les employeurs modifient un peu leur regard sur les jeunes demandeurs d’emploi.

Christine, chômeuse.

Un travail de fourmi que cette toute petite phrase prononcée par le ministre du travail risque fort de réduire à néant.

 

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