C'était le temps de l'amour

Plan B (best of) Lundi 17 septembre 2012

Réécoute
C'était le temps de l'amour
Frédéric Bonnaud reçoit Eric Valmir pour son livre Magari (Robert Laffont) et Simonetta Greggio pour L'homme qui aimait ma femme (Stock).

L'homme qui aimait ma femme, un livre de Simonette Greggio aux éditions Stock.

Deux frères, Alexandre et Yann, aiment la même femme, Maria, rencontrée au milieu des années 1960 alors qu’ils sont tous les trois étudiants. Pendant plus de quarante ans, elle sera le pivot de leur vie et la spectatrice intime de cette histoire d’amour qui va se dérouler essentiellement à Paris, noyau politique, littéraire et artistique d’une France en mutation.

Alexandre, l’aîné, deviendra professeur de lettres, Yann, le cadet, après un passage à l’École Normale Supérieure, sera avocat, Maria écrira des biographies. Le mouvement pacifiste et hippie va laisser place aux paillettes du premier néolibéralisme puis aux différentes crises économiques qui aboutiront à la récession des années 2000, Truffaut tournera Jules et Jim, Lacan endoctrinera des cohortes de jeunes psychanalystes, Althusser étranglera sa femme, Jankélévitch et Levinas croiseront Derrida, Deleuze, et même Lagarde et Michard. C’est Allis, amie d’Alexandre et témoin extérieur, qui nous raconte l’histoire belle mais terrible de ces quarante années d’amour et de trahison.

 

Magari, un livre d'Eric Valmir aux éditions Robert Laffont.

« La famille, c'est sacré, paraît-il. En regardant celles qui vivent dans le quartier, à Rome, je me dis que ça doit être vrai. Il y a des cris, des embrassades, des rires, de la musique. Chez nous, on ne s'embrassait pas, ça gueulait politique et j'étais toujours tenu à l'écart. »

Quand Lorenzo sort de chez lui ce matin-là, flottent sur Rome toutes les promesses de l'été. Nous sommes le 19 juin 2001. Silvio Berlusconi est redevenu quelques jours plus tôt chef du gouvernement. Pour la plus grande joie de ses tifosi, l'AS Roma vient de remporter le troisième scudetto de son histoire. Et Lorenzo est heureux : certainement pas à cause du retour aux affaires du Cavaliere – la politique, il en a soupé. Peut-être même pas grâce à la victoire de son équipe, et Dieu sait pourtant s'il a rêvé de revivre une telle liesse... Non, Lorenzo est heureux parce que Francesca l'aime. Parce que, dans quelques mois, naîtra leur premier enfant, une fille, il en est certain. Parce que, à l'abord de la trentaine, l'ombre du petit garçon naïf et malhabile, celle de l'adolescent irrésolu ballotté par tous les vents contraires, n'est plus si lourde à porter. Aujourd'hui, sa vie a un axe, un socle, une direction. Alors, il traverse la rue sans faire attention. Et ne voit pas la voiture qui surgit au même moment... Étendu sur le bitume, Lorenzo remonte le fil de sa vie. Celle d'un jeune Romain qui a grandi écartelé entre l'intransigeance d'un père communiste ultra militant, les migraines d'une mère rongée par un drame familial et l'amour d'un grand-père cachant tant bien que mal son passé mussolinien. Un parcours chaotique marqué par ce sentiment d'incertitude, de désirs, de rêves enfouis et aussi de résignation qu'exprime le mot « magari » (« si seulement...»), comme un état d'âme qui se décline à l'infini.
De l'assassinat d'Aldo Moro à l'avènement des années Berlusconi, c'est une radioscopie de la société italienne dans toutes ses nuances et ses contradictions que nous offre ce roman d'apprentissage au souffle à la fois intime et puissant. C'est aussi un voyage plein de sensualité dans les boucles du Tibre, ou l'on sent à chaque page les brûlures du soleil et la fraîcheur de l'eau sur la peau du héros.nous raconte l’histoire belle mais terrible de ces quarante années d’amour et de trahison.

Vous pouvez retrouver Eric Valmir sur l'antenne de France Inter, tous les vendredis de 19h20 à 20h dans Partout ailleurs.

Photo: Copyright, Claude Nori, invité du Plan B... Pour Bonnaud le 7 septembre et dont l'exposition Photographe et éditeur se tient à la Maison européenne de la photographie jusqu'au 4 novembre 2012.

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