C’était Rasta Rockett 2.0, le retour de la Jamaïque aux JO d'hiver

Va y avoir du sport Mardi 18 février 2014

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C’était Rasta Rockett 2.0, le retour de la Jamaïque aux JO d'hiver
Lundi, l'équipe jamaïcaine de bobsleigh a fini ses Jeux Olympiques d'hiver. Retour sur l'histoire folle de ce Rasta Rockett 2.0. Une aventure financée grâce au don des internautes, qui sent la nostalgie un peu marketing d'un film mythique.

"Balance man, cadence man"

Balance man, cadence man, trace la glace, c’est le bob man.


 

Oui, dans les années 1990, le budget de traduction et de doublage des films américains était incroyablement faible.

 

Mais peu importe, on l’aime quand même ce Rasta Rockett, un "feel-good movie" de 1993 qui s’inspire de l’histoire de l’équipe jamaïcaine de bobsleigh aux JO de Calgary, en 1988.

Alors quand on a appris le retour de la Jamaïque aux JO d’hiver, on était particulièrement excité. Ce n'est pas juste la nostalgie des films d’adolescence, c’est la vraie raison d’aimer les Jeux Olympiques. Même à Sotchi.

Quand il y a un peu de fraîcheur et de maladresse face à l’air blasé des champions multirécidivistes.

Inoubliable Eric Moussambani

Comme Eric Moussambani, vous vous en souvenez, ce nageur de Guinée Equatoriale.

Aux JO de Sydney, il avait parcouru le 100 m nage libre en 1 min 52, le plus mauvais temps de l’histoire des JO.

Seul, sur sa ligne, sous les rires moqueurs des commentateurs de France Télé.

 

L'histoire des Rasta Rockett 2.0 a commencé avec le même éclat que l'épisode précédent. La Jamaïque n'avait pas participé aux JO d’hiver depuis douze ans et il y a quelques semaines, l’équipe de bobsleigh a dit : "coucou on est qualifié mais on n’a pas assez d’argent".

Le leader de l’équipe Winston Watts avait déjà mis la main à la poche pour les qualifs et là, il manquait 60 000 euros pour payer les équipements.

120 000 euros en deux jours

Les Jamaïcains ont lancé une collecte sur Internet à travers plusieurs sites de financement participatif. En deux jours, les internautes ont versé 120 000 euros.

C’était génial, ça devenait Rasta Rocket 2.0, la version minitel mondial de l’épisode précédent. Parce qu’en 1988, déjà, pour aller à Calgary, les Jamaïcains avaient dû vendre des t-shirts à leur effigie.

Et puis, on a été un peu déçu.

Une odeur de marketing 

Tout de suite, c’est devenu une affaire commerciale. Samsung est venu sponsoriser l’équipe, tourner un film avec Usain Bolt et les premiers Rasta Rockett, ça sentait vraiment le marketing.

Quelque chose d’un peu artificiel parce que Winston Watts, ce n'est pas le petit Jamaïcain qui découvre la neige. Il a 46 ans, c’était ses 4e JO. En plus, depuis des années, il vit aux Etats-Unis, près des montagnes…

Ensuite, c’est redevenu un film comique. A peine arrivés en Russie, à la sortie de l’avion, les Jamaïcains se rendent compte que leurs valises ne sont pas là. Elles ont été perdues pendant l’escale à Philadelphie.

Finalement, ils récupèrent leurs affaires mais ils constatent qu’un pot de protéines en poudre s’est répandu dans le sac et qu’il faut tout nettoyer.

Ils finissent avant-derniers

Pendant la compétition, les Jamaïcains ont fait ce qu’ils ont pu et hier, ils ont terminé 29e au classement. C’est-à-dire avant-dernier. A la hauteur de leur réputation. Pour clore leur aventure, ils ont publié une vidéo vraiment marrante.

C’est un faux jeu vidéo réalisé en 8 bits. On y voit des petits dauphins tout pixellisés, des rasta qui font des percus…

 

Une vidéo kitsch et en même temps très virale. Qui résume ce qu’a été l’aventure Rasta Rockett 2.0 : un mélange de chouette nostalgie et de story-telling assumé.  

Imanol Corcostegui


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