Brésil mon amour

Plan B (best of) Mercredi 24 octobre 2012

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Brésil mon amour
Frédéric Bonnaud reçoit Sébastien Lapaque pour son livre La convergence des alizés (Actes Sud).

La convergence des Alizés, un livre de Sébastien Lapaque aux éditions Actes Sud.

À l’équateur, où se rencontrent les vents des deux hémisphères, la convergence des alizés provoque des turbulences atmosphériques variées en poussant l’air à s’élever. Étudiante en géographie à l’université de Belém, Helena Bohlmann est fascinée par ce phénomène auquel elle a consacré des pages et des pages. Mais c’est par quelques mots seulement, je t’aime, je t’aime, je t’aime, qu’elle a signé sa disparition soudaine, laissant Zé, son amant, dans l’attente, l’anxiété, puis l’impérieux besoin de la revoir. Forçant son naturel mélancolique, Zé quitte alors l’Amazonie pour Rio de Janeiro, l’ancienne capitale brésilienne, qu’il ne connaît pas. Guidé par son intuition et par des signes mystérieux, il est persuadé de retrouver Helena.
La convergence des alizés est un jeu de pistes trompeur dans lequel une quarantaine de personnages incarnent tous les visages du Brésil sur un enivrant manège romanesque. Histoire, musique, politique, football, paysages : le pays entier se livre au lecteur comme un nouvel amour. Et la jeunesse du Sud prend le pouvoir pour désigner les possibles de notre temps. Les surprises de l’amour, les bonheurs de l’amitié, l’érudition et la fougue animent l’écriture de Sébastien Lapaque, illuminant cette fusion ardente du romanesque et de la subversion.

« La convergence des alizés est une carte postale que je souhaitais depuis longtemps m’adresser à moi-même pour ne rien oublier de mes enchantements brésiliens. Car ce livre, qui fait vivre le Brésil d’hier et d’aujourd’hui, a un objet qui est aussi son sujet : se souvenir et apprendre à se souvenir. Histoire, humanité, musique, folklore, géographie, paysages : j’avais tant de choses à donner à voir, à sentir et à aimer. Dans cette carte postale percée de mille fenêtres ouvertes sur le Brésil, deux, trois, de nombreux personnages se sont installés. Une histoire s’est inventée, avec des prolongements à Buenos Aires, à Montevideo et à Paris, où deux jeunes femmes que j’aime particulièrement dans le roman – j’ai peut-être exagéré leur intelligence et leur beauté – ont voulu aller rencontrer Claude Lévi-Strauss. Comment les aurais-je retenues ? De même que ce garçon mélancolique, né en Amazonie, qui poursuit une fugitive et mène une enquête pour savoir si Borges a réellement prononcé une conférence sur l’immortalité à l’université de Buenos Aires, au moment du premier match de l’équipe d’Argentine lors de la Coupe du monde de football 1978. Ou cette autre jeune femme, qui rêve de fuir à l’intérieur du Brésil et de trouver la paix sous les manguiers de Pirapora. J’en oublie, plus noirs et plus indomptables.


Je ne pouvais pas appeler leur histoire autrement que La convergence des alizés. Ce phénomène de climatologie tropicale me fascine : la rencontre de vents contraires, à l’Équateur, qui provoque des turbulences en forçant l’air à s’élever. L’art, comme la vie, affectionne cette rencontre de vents contraires et les turbulences afférentes. »


Sébastien Lapaque

 

Romancier, essayiste et journaliste, Sébastien Lapaque a déjà publié chez Actes Sud une anthologie de l’ivresse en littérature (Triomphe de Dionysos, avec Jérôme Leroy, Babel n° 392) ainsi que Le petit Lapaque des vins de copains (2006 ; réed. 2009). Également disponibles chez Actes Sud : Au hasard et souvent (journal, 2010), Les identités remarquables (roman, 2009), Mythologie française (bourse Goncourt de la nouvelle, 2002), Les idées heureuses (roman, 1999), Georges Bernanos encore une fois (essai, Babel n° 534).
Et tout récemment : Il faut qu’il parte (Babel n° 1097), Les barricades mystérieuses (Babel noir n° 59), son premier roman réédité dans une version revue par l’auteur, et La convergence des alizés (2012).

Photo: Roger4336, CC BY.

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