Bienvenue au zoo du microbe

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Jeudi 09 octobre 2014

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Bienvenue au zoo du microbe
Saviez-vous qu'en ce moment même, vous portez 1,5 kg de microbes à l'intérieur et à l'extérieur de votre corps ? À Amsterdam, Micropia est le premier musée au monde qui expose des micro-organismes vivants et permet de les observer de manière ludique.

Pour apréhender l'invisible, on peut tenter de le quantifier. En disant par exemple que 700 espèces de microbes vivent dans notre bouche, que 70 champignons différents se la coulent douce sous notre talon, que 2/3 de la vie sur terre est invisible à l’œil nu, que 99% des micro-organismes restent encore à découvrir.

meet your microbes from Micropia on Vimeo.

C'est sur cette idée simple de donner à voir l'invisible qu'est né le concept de Micropia, dans l'esprit de son fondateur. Haig Balian, directeur de Natura Artis Magistra (le zoo d'Amsterdam) est alors persuadé que la microbiologie peut apporter des solutions aux "global problems", les menaces environnementales, sociales et économiques qui pèsent sur le monde.

Pour lui, les micro-organismes ont beaucoup à nous apprendre :

Haig Balian © Sébastien Sabiron


Douze ans plus tard, Micropia est une réalité. Accolé au parc animalier d'Amsterdam, ce zoo d'un genre nouveau héberge une centaine d'espèces de bactéries, de mycètes, d'algues microscopiques et de virus. Les nouvelles technologies employées (microscopes 3D, écrans géants à détecteurs de mouvements...) permettent une expérience extrêmement ludique et visuelle.

Microscope 3D spécialement créé pour Micropia © Sébastien Sabiron


A Micropia, le visiteur est acteur, invité à passer le "scanner à microbes" pour faire connaissance avec ses passagers clandestins. Même si le décompte est virtuel, le scanner nous apprend que 169 milliards de micro-organismes vivent avec nous. Glups...

Devant le scanner à microbes © Sébastien Sabiron

On découvre que chaque nombril possède une population unique, que notre estomac s'auto-digèrerait sans ses microbes, que la circoncision élimine une partie des bactéries, mais en attire une autre, qui apprécie le gain d'oxygène provoqué par la disparition du prépuce.

Bouillons de cultures © Sébastien Sabiron


Les amoureux préféreront s'essayer au "kiss-o-mètre" et découvriront que 100 millions de bactéries peuvent s'échanger durant un baiser de quelques secondes. Pas de bol pour le "petit" du couple, qui en reçoit plus du fait de la pesanteur.

Immigration bactérienne © Sébastien Sabiron


Dans le rôle des soigneurs, les laborantins de Micropia se chargent de la nourriture et du confort des micro-organismes, à la vue des visiteurs. Les populations élevées sur place sont sans danger pour l'homme. Elles font des aller-retours réguliers entre le musée et le labo.  

Jennifer est technicienne de laboratoire :

Jennifer (premier plan) en vitrine © Micropia, Maarten van der Wal


Les virus dangereux (VIH, Ebola, Malaria) sont exposés au rez-de-chaussée sous forme de sculptures de verre. Tous les microbes exposés étonnent par leur forme, leur fonction, leur histoire. Notre petit chouchou à nous, c'est le tardigrade, l'ourson d'eau.

A gauche, un tardigrade à taille humaine © Sébastien Sabiron / ANC Photo


Ce petit bonhomme d'un demi-millimètre survit à 4.000 mètres de fond, à 6.000 mètres d'altitude à -272°C et à +150°C.  Privé d'eau, congelé ou envoyé dans l'espace, il peut survivre plusieurs milliers d'années, dans une sorte d'hibernation. Cherchez bien, vous en avez peut-être un dans la bouche.

> Micropia, Amsterdam, Pays-Bas. Fermé le mercredi. Tarifs de 12 à 14 euros. 23 à 27 euros avec l'entrée au parc animalier.

Reportage de Sébastien Sabiron. Image d'accueil : © Micropia, Maarten van der Wal


 

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