Best-of: David Vann et Fabrice d'Almeida

Plan B (best of) Lundi 02 janvier 2012

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Best-of: David Vann et Fabrice d'Almeida
Plan B... Pour Bonnaud, en partenariat avec les Inrockuptibles et le magazine Transfuge. Une émission préparée par Amel Khaldi et Nicolas Guyonnet, mise en ondes par Christian Rose avec le concours des techniciens du Mouv'. Générique: Yegelle Tezeta, de Mulatu Astatke.

Désolations, un livre de David Vann, publié aux éditions Gallmeister.

Sur les rives d’un lac glaciaire au cœur de la péninsule de Kenai, en Alaska, Irene et Gary ont construit leur vie, élevé deux enfants aujourd’hui adultes. Mais après trente années d’une vie sans éclat, Gary est déterminé à bâtir sur un îlot désolé la cabane dont il a toujours rêvé. Irene se résout à l’accompagner en dépit des inexplicables maux de tête qui l’assaillent et ne lui laissent aucun répit. Entraînée malgré elle dans l’obsession de son mari, elle le voit peu à peu s’enliser dans ce projet démesuré. Leur fille Rhoda, tout à ses propres rêves de vie de famille, devient le témoin du face-à-face de ses parents, tandis que s’annonce un hiver précoce et violent qui rendra l’îlot encore plus inaccessible.

Après Sukkwan Island, couronné par le Prix Médicis 2010, le second roman de David Vann est une œuvre magistrale sur l’amour et la solitude. Désolations confirme le talent infini de son auteur à explorer les faiblesses et les vérités de l’âme humaine.

Traduit de l'américain par Laura Derajinski.

Ressources inhumaines. Les gardiens de camps de concentration et leurs loisirs, un livre de Fabrice d'Almeida, publié aux éditions Fayard.

Quelle était la durée du temps de travail d’un gardien de camp de concentration ? Préférait-il jouer aux cartes, pratiquer la boxe ou se délasser en lisant un roman policier ? Sa famille vivait-elle avec lui ? Il n’existait aucune étude systématique des gardiennes et des gardiens.
    A partir des archives de la SS et des dossiers constitués après 1945 lors de l’épuration, Fabrice d’Almeida reconstitue la stratégie de gestion des ressources humaines que Himmler et ses adjoints ont mise en œuvre, non seulement pour permettre aux bourreaux d’accomplir leur office, mais surtout pour éviter qu’ils s’ennuient.
     A Auschwitz, les gardiens n’ont pas seulement exterminé des femmes et des enfants, ils ont aussi tué le temps. Les tueurs nazis ont joui de loisirs savamment organisés alors qu’à la même époque les surveillants du Goulag étaient laissés dans une condition à peine supérieure à celle des détenus.
     En adoptant l’angle de vue des tueurs, le livre ne prétend pas excuser leur crime. Mais ce regard dérangeant dévoile le management de l’entreprise SS et les choix des leaders nazis dont l’ambition était de donner à leurs auxiliaires une vie agréable. Jeux, lectures, cinémas, théâtres, bordel et vie de famille : le temps libre était pensé dans le détail. Tout cela banalisait la nature du «travail».

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