Best-of: Alexis Jenni et Simon Liberati

Plan B (best of) Jeudi 22 décembre 2011

Réécoute
Best-of: Alexis Jenni et Simon Liberati
Plan B... Pour Bonnaud, en partenariat avec les Inrockuptibles et le magazine Transfuge. Une émission préparée par Amel Khaldi et Nicolas Guyonnet, mise en ondes par Christian Rose avec le concours des techniciens du Mouv'. Générique: Yegelle Tezeta, de Mulatu Astatke.

Prix Goncourt 2011: Alexis Jenni pour son livre L'art français de la guerre, publié aux éditions Gallimard.

« J'allais mal ; tout va mal ; j'attendais la fin. Quand j'ai rencontré Victorien Salagnon, il ne pouvait être pire, il l'avait faite la guerre de vingt ans qui nous obsède, qui n'arrive pas à finir, il avait parcouru le monde avec sa bande armée, il devait avoir du sang jusqu'aux coudes. Mais il m'a appris à peindre. Il devait être le seul peintre de toute l'armée coloniale, mais là-bas on ne faisait pas attention à ces détails.

Prix Femina 2011: Simon Liberati pour son livre Jayne Mansfield 1967, publié aux éditions Grasset.


  Il m'apprit à peindre, et en échange je lui écrivis son histoire. Il dit, et je pus montrer, et je vis le fleuve de sang qui traverse ma ville si paisible, je vis l'art français de la guerre qui ne change pas, et je vis l'émeute qui vient toujours pour les mêmes raisons, des raisons françaises qui ne changent pas. Victorien Salagnon me rendit le temps tout entier, à travers la guerre qui hante notre langue. » Alexis Jenni.

 Ma première rencontre avec une effigie de Jayne Mansfield date du printemps 1977. Elle était morte depuis dix ans presque jour pour jour. L’éditrice Régine Desforges venait de réaliser un fac-similé du livre de Kenneth Anger, Hollywood Babylone paru en 1959 chez Jean-Jacques Pauvert. J’ai su à l’instant que ce personnage décolleté au regard troué de nuit et aux dents étincelantes, encadré par deux colonnes de lettres d’un rose sex shop aurait un rôle important dans ma vie d’adulte. J’avais 17 ans, je venais de lire le Satiricon, les marronniers de Paris étaient en fleurs, j’étais à ce moment de la jeunesse où le goût se forme. J’aimais déjà le sang, les perruques et les blondes peroxydées. J’étais moins précis et plus fétichiste qu’aujourd’hui. (Lire la suite sur le site de l'éditeur)

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