Berlin moins pauvre, moins sexy

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Mercredi 02 octobre 2013

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Berlin moins pauvre, moins sexy
Arty, libre et bouillonnante, la capitale allemande a aussi tendance à s'embourgeoiser depuis quelques années. Les loyers flambent et les bobos remplacent peu à peu les artistes. Au risque de dénaturer le visage sauvage et sexy de la ville.

De squats en expos, Benjamin Illy a promené le micro du Mouv' dans la capitale allemande. Cliquez ci-dessus pour écouter son reportage.

"Berlin is poor, but sexy". La petite phrase est signée Klaus Wowereit, le maire de Berlin dans une interview en 2003. Elle a fait le tour du monde et a pris valeur de slogan, définissant l'aspect bohème, artistique et libertaire de la capitale allemande.

Fresque psychédélique sur la façade ouest du mur / DR
 
Depuis la chute du mur en 1989, les loyers très bas et les nombreuses friches industrielles ont fait de Berlin un véritable eldorado pour les artistes. On estime qu'ils sont aujourd'hui environ 50 000 à y vivre. SP-38, a quitté sa Normandie il y a 15 ans pour s'installer dans le quartier de Mitte. Figure du street art berlinois, il regrette une certaine "boboïsation" de la ville :
 
SP-38 en plein boulot © Benjamin Illy
 
La ville abrite encore quelques quartiers "alternos" dont le Kreuzberg, ancien bastion punk dont les squats disparaissent à vitesse grand V. On y croise tout de même un drôle de campement : Tippiland, occupé par un patchwork communautaire hétéroclite. Rencontre avec Roll, un russe de 36 ans.
 
Roll, mal réveillé après sa nuit dans le tipi © Benjamin Illy
 
 
Un petit peuple d'artistes et de libertaires, menacés de déracinement par la flambée des prix de l'immobilier. Depuis 2007, les loyers ont bondi de 30%. Nadja Van Cauven-Berghe, rédactrice en chef du magazine Ex-Berliner, voit Berlin comme un "aimant à artistes."
C'est une plus-value pour la ville. Cela attire donc les investisseurs et les populations fortunées qui souhaitent profiter de cette ébulition artistique.

 
 
 
C'est tout le paradoxe berlinois : la ville a redoré son blason gràce aux artistes, qui ne pourront  bientôt plus y habiter. Sans eux, Berlin deviendra moins pauvre. Et forcément moins sexy.

Reportage pour le Mouv' de Benjamin Illy / Textes, mise en page : Sébastien Sabiron


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