Banksy contre le maire de New York

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Mercredi 23 octobre 2013

Réécoute
Banksy contre le maire de New York
Chaque jour, une nouvelle oeuvre de Banksy apparaît dans les rues de New York. L'artiste propose jusqu'à la fin du mois une chasse aux trésors urbaine qui excite les fans et donne du travail aux agents de sécurité.

 

Un jour j'irai à New York avec Charlotte Alix, toutes les nuits déconner. Un jour j'irai là-bas, et tu m'emmèneras. En attendant, écoute son reportage en cliquant ci-dessus.

 

Chaque matin, Banksy se réveille, allume son ordinateur, va sur son blog, banksyny.com, et poste une ou deux photos de l'oeuvre qu'il a façonné dans la nuit. Comme seule indication géographique, il livre le nom du quartier. Hier, par exemple, il nous faisait découvrir ce "sphinx de Gizeh en parpaings brisés", posté dans le Queens, visiblement près d'un chantier ou d'un lieu de stockage :

 

Réplique au 1/36e du Sphinx de Gizeh, dans le Queens © Banksy, 2013

 

Chaque matin, les admirateurs new yorkais de Banksy se réveillent, allument leur ordinateur, vont sur son blog et analysent la photo pour trouver des indices sur l'emplacement de ce nouveau trésor. Puis ils s'habillent et partent à sa recherche. Paul, un fan de street-art, essaie d'être le premier sur place "parce que c'est très éphémère, les gens taguent par-dessus, alors il faut se dépêcher avant que chaque oeuvre disparaisse".

 

Démontage d'une oeuvre, revendue à prix d'or par le propriétaire des lieux © Ellis Kaplan, 2013

 

Quand les propriétaires des murs graffés apprennent la valeur de ces peintures ou de ces sculptures, le comportement change radicalement. Deux geishas peintes au pochoir sur la façade d'un immeuble de Brooklyn sont désormais protégées par un vigile, payé par la proprio.

 

Geishas sur un pont, à Bedford Stuyvesant, Brooklyn © Banksy, 2013

 

 

Mais les graffeurs concurrents ne sont pas les seuls ennemis de Banksy. La police de la ville est à ses trousses. En une du New York Post, un message incitait les lecteurs à téléphoner aux cops pour attraper le "street-artiste/vandale". Sur son site, l'intéressé y a répondu par une boutade : "Je ne lis pas ce que je crois dans les journaux."

 

Ces accusations de vandalisme, on les retrouve dans les propos du maire de New York. "Les graffitis dégradent les propriétés", dixit Michael Bloomberg. "C'est un signe de décadence. Il y a des places pour l'art et d'autres qui ne le sont pas." 

 

La semaine dernière, c'est les excès du marché de l'art que Banksy dénonçait en montant une vente sauvage de ses toiles dans Central Park. Les touristes pouvaient repartir avec son fameux rat pour 60$ (45€), quand ce genre d'oeuvres peut atteindre aujourd'hui à l'argus des centaines de milliers d'euros.

 

Quelques oeuvres de Banksy bradées près de Central Park © Banksy, 2013

 

Soyez vigilants, l'heure tourne, une nouvelle oeuvre ne devrait pas tarder à apparaître sur son site.

 

  • Le street-art n'est pas qu'à New York ! On vous conseille de visiter la Tour Paris 13 et son webdoc, avant démolition.
  • Pour le Mouv', notre philosophe Gilles Vervisch s'est demandé cette semaine si, au fond, le maire de New York pouvait avoir raison. Banksy, c'est de l'art ou du cochon ?
  • Et parce qu'il y a toujours un Vera Cruz à l'autre bout du monde, retrouvez l'ensemble de nos reportages en cliquant par ici.


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