Aucun obstacle contre Ebola

le Reportage de la Rédaction Mercredi 06 août 2014

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Aucun obstacle contre Ebola
Il a fallu que Médecins Sans Frontières hurle ses craintes de propagation pour qu'enfin on entende réellement parler du virus Ebola et de ses 900 morts en Sierra Leone, Guinée et Liberia. Le bilan va s'aggraver.

 

Ce mardi, la compagnie aérienne British Airways a suspendu ses vols vers le Liberia et la Sierra Leone, imitant la décision d'Emirates, le week-end dernier. Ce n'est pas grand chose, et pourtant c'est déjà le signe que le monde est en train de se rendre compte qu'il y a un problème.

Le fléau s'appelle Ebola, on le connait depuis près de quarante ans. Il refait parler de lui depuis le début de l'année, coupable d'avoir tué 900 personnes en Afrique de l'Ouest. "On n'a jamais eu de flambée aussi importante depuis la découverte du virus en 1976", s'inquiète Ana-Maria Burguière, responsable adjointe de la cellule d'intervention biologique d'urgence de l'Institut Pasteur. "Des missions françaises, sénégalaises et allemandes sont venues sur place, mais le problème vient de la diffusion inhabituelle du virus."

 

A Monrovia (au Liberia), les victimes d'Ebola sont ramassées en pleine rue © France 24

 

D'autres facteurs aggravant s'y ajoutent, difficiles à canaliser. Médecins Sans Frontières évoque les rumeurs propagées au sein des villages guinéens : "Certains croient que les gouvernements et les ONG sont là pour tuer les gens et vendre leurs organes en Europe. Ils ne savent pas ce qui se passe dans les centres de traitement."

Ajoutez à ça des habitudes ancrées comme le fait d'exposer le corps des victimes plusieurs jours avant leur enterrement. Il n'existe toujours pas de vaccin, aucun traitement thérapeutique. Un sérum testé sur des singes, le ZMapp, a donné de bons résultats, mais les scientifiques restent très prudents : "J'attendrai d'avoir davantage d'informations de la part de l'Organisation Mondiale de la Santé avant de me prononcer", estime Ana-Maria Burguière.

 

La fièvre hémorragique, un virus très difficile à endiguer © Euronews

 

Justement, un comité d'urgence de l'OMS doit se tenir jusqu'à jeudi soir à Genève pour tenter de trouver une solution. La banque mondiale a débloqué hier 200 millions de dollars. Un apport bienvenu pour aider des humanitaires qui se sentaient jusqu'ici un peu seuls.

 

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Interview : Hajera Mohammad                  Mise en page : Augustin Arrivé

Photo de couverture : Cc FlickR European Commission DG


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