Au Liban, un jeu vidéo pour faire la paix

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Mercredi 26 février 2014

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Au Liban, un jeu-vidéo pour faire la paix
Au Liban, une ONG mise sur le jeu vidéo pour faire passer un message de paix auprès des jeunes. Dans "Cedaria Blackout", les joueurs doivent trouver des solutions pour faire cohabiter plusieurs communautés. Louable initiative dans un pays qui compte de nombreux gamers.

C'est un pays dans lequel la guerre est quasiment devenue banale. Un pays qui alterne entre périodes de conflit et d'accalmie, sans cesse confronté à des tensions régionales ou communautaires. Samedi dernier, un attentat a fait trois morts à la frontière libano-syrienne, un bastion contrôlé par le Hezbollah, soutien de Bachar El-Assad.

Dans ce contexte, l'ONG Search for Common Ground, tente de porter un message de paix auprès de la jeunesse. A la fin du mois, elle lancera Cedaria : Blackout, un jeu vidéo gratuit sur Facebook.


Ici, pas de kalachnikovs ou d'ennemis à "fragger" (réduire en fragments, selon le terme consacré chez les gamers). Le joueur évolue sur une île imaginaire, peuplée par plusieurs communautés. Sa mission : dialoguer et trouver des solutions d'entente, sans violence pour avancer dans le jeu.

Bon, sur le papier, ça manque un brin de zombies et de princesses à sauver. Sa conceptrice Zaïnab, 25 ans, présente Cedaria : Blackout comme un jeu de rôle où les décisions du joueur influent sur le moral des personnages.

Le but c'est que les joueurs réfléchissent aux choix qu'ils font [...] Par exemple, si le joueur décide d'être agressif, le personnage sera en colère, et il pourra dificilement aller jusqu'au bout de sa mission. Cela aura des conséquences à la fin du jeu.



Au Liban, 90% des jeunes avouent passer au moins trois heures par jour devant des jeux vidéo. L'idée de les atteindre par ce biais n'est pas nouvelle. Le Hezbollah a même conçu son propre FPS (un jeu de tir en vue subjective). Dans Special Force, la cible est clairement identifiée : elle s'appelle Israël.

 

Cedaria Blackout en prend le contrepied. Séduite par le concept, Emily Jacquard, la directrice de Search for Common Ground prévoit de s'en servir comme outil pédagogique et d'organiser des tournois inter-écoles.

Les jeunes libanais ont tendance à rester dans leurs régions, qui sont marquées par des confessions majoritaires. Ces tournois seront l'occasion pour eux de rencontrer d'autres jeunes de leur âge et d'intéragir dans la vie réelle.



Et l'initiative a des chances de porter ses fruits. Depuis un an, le collectif Lebanon Games diffuse des petits jeux qui tournent l'instabilité politique en dérision et rencontrent un succès fou.

Reportage pour le Mouv' signé Sophia Marchesin. Mise en page : Sébastien Sabiron

 



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