Au Brésil, récession et gueule de bois

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Vendredi 03 octobre 2014

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Au Brésil, récession et gueule de bois
Plus de 140 millions de brésiliens sont appelés aux urnes dimanche 5 octobre pour les élections générales. Des élections considérées avec défiance, alors que l'économie est entrée en récession. Et la coupe du monde n'a pas balayé le malaise d'une partie de la jeunesse brésilienne.

Juin 2013, des centaines de milliers de personnes manifestent dans les rues de Rio. Le slogan : "des transports, pas des stades". A l'approche de la Coupe du Monde, le vernis du miracle brésilien se craquelle. Choqués par les investissement monstres engagés pour la compétition, une bonne partie de la jeunesse prend la rue dans les principales villes du pays. Des manifs qui virent parfois à l'émeute.

Sao Paulo, 15 octobre 2013 / CC Flickr cabralgabriel


Depuis, la Coupe du Monde a eu lieu, la Seleção s'est pris la déculotée la plus cuisante de son histoire en demi-finale face à l'Allemagne et les manifs ont fait long feu. Ah, et puis l'économie est en berne aussi : le Brésil est entré en récession, avec un PIB en recul de 0.6% au deuxième trimestre.

Ca, c'était avant / CC Flickr Filipe Castilhos

C'est dans ce contexte que les brésiliens sont appelés aux urnes, le 5 octobre, pour les élections générales. Ils pourront voter pour Osama Bin Laden, Barack Obama, Zizi Fou, mais le duel se fera sans doute entre la sortante Dilma Roussef (Parti des Travailleurs) et sa principale rivale Marina Silva (Parti Socialiste). Des élections qui ne passionnent pas les jeunes, à l'image d'Adinan Morales, 28 ans, musicien :

C’est un pays foutu. A cause de la corruption. C’est ça qui énerve les gens. On vole, on vole, mais finalement, il ne se passe rien. C’est sûr qu’il manque des hôpitaux, qu’il y a de l’insécurité, il nous manque des tas de trucs, mais à la base de tout, il y a la corruption.


 

Si les revendications sociales sont toujours présentes, les manifs de l'année dernière n'ont débouché sur rien de tangible, la Coupe du Monde est passée par là. Pedro Pessoa a 20 ans, il joue de la basse dans plusieurs groupes pour tenter de s’en sortir :

Y a eu des manifs, les gens se sont enflammés, mais ça n’a rien donné. Le mouvement s’est arrêté. Le géant s’est assoupi de nouveau. La coupe du monde, c’était le pain et le cirque "tenez, c’est bon pour vous !"



Pedro et Adinan prévoient de voter blanc. De leur côté, les étudiants mobilisés pendant les manifs voteront sans doute pour l'un des candidats de l'opposition, histoire de sanctionner Dilma Roussef.

Reportage signé de Thierry Ogier / Edition : Sébastien Sabiron.

 


 

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