Astérix est (à nouveau) là

La Pop au carré Mercredi 26 novembre 2014

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Astérix est (à nouveau) là
Avec "Le domaine des dieux", Alexandre Astier et Louis Clichy signent le meilleur Astérix au ciné depuis "Mission Cléopâtre" : un dessin animé fidèle de bout en bout à l'esprit de René Goscinny et au graphisme d'Albert Uderzo.

 

Si les précédentes adaptations d'Astérix au cinéma se sont toutes plantées, c'est peut-être parce qu'elles cherchaient à replacer les aventures des irréductibles gaulois dans des modes passagères qui semblaient parler au public du XXIe siècle. Ainsi, on épuisait le spectateur sous un gigantisme clinquant à la Ridley Scott dans Astérix aux Jeux Olympiques, ou bien on découvrait à l'ado Goudurix, dans Astérix et les Vikings, des dons de skater antique.

 

 

Alexandre Astier et Louis Clichy ont eu l'heureuse idée de faire pleinement confiance à l'oeuvre de René Goscinny et Albert Uderzo. Toute la première moitié de leur dessin animé est une copie fidèle de la bande-dessinée, presque à la case près, et si la seconde partie s'en écarte un peu, ce n'est que pour en renforcer les enjeux et les faire tenir dans la durée sans qu'on ait l'impression de tirer à la ligne. "Il y a des choses que j'ai ajoutées", reconnaît Alexandre Astier, "mais elles sont pour moi tout à fait dans la lignée de ce que Goscinny voulait faire. Il fallait mettre ces héros en danger".

 

 

Quand le réalisateur rejoint le projet, voilà plus de quatre ans, il sort de l'expérience Kaamelott et n'envisageait pas de travailler sur l'oeuvre d'un autre. Mais impossible de résister à Astérix : "C'était très flatteur, d'autant que j'avais les moyens de bosser comme je le voulais." Déjà, il peut choisir l'album qu'il souhaite et ce sera sans hésiter Le domaine des dieux, "le premier album de la série qui induit autant de gravité. Il y a un vrai danger pour le village gaulois, et pour moi ce danger est un ressort scénaristique."

Alors que Roger Carel, voix historique du blond moustachu depuis 1967, avait promis qu'il ne retravaillerait plus, cette adaptation l'intéresse. Il se retrouve bien entouré, entre un épatant Laurent Lafitte, en leader des esclaves charger de négocier avec le patronat romain, et une Florence Foresti qui réussit en quelques répliques à peine à s'imposer dans son rôle de Bonnemine, femme du chef.

 

 

Pour magnifier le tout, Louis Clichy, animateur venu des studios Pixar (il a bossé sur Wall-E et Là-haut), réussit à donner vie aux planches d'Albert Uderzo. La chasse au sanglier (ci-dessus) semble tout droit échappée des cases de l'album : le quadrupède a le look des dessins originaux et les couleurs des albums originaux. Le reste du film est du même tenant. Pour toutes ces raisons, les nostalgiques apprécieront l'hommage et, à mon avis, les plus jeunes se régaleront de la découverte. Alexandre Astier signerait bien pour une deuxième aventure si on lui laisse son camarade Louis Clichy. On serait nous aussi ravis de les revoir.

 

Reportage et édition : Augustin Arrivé

Illustration de couverture et vidéos : Le domaine des dieux, d'Al.Astier et L.Clichy © SND, 2014

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