ASAF AVIDAN

Rodéo sur Le Mouv' Vendredi 21 décembre 2012

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ASAF AVIDAN
Asaf Avidan en session acoustique à nu dans Rodéo : juste sa guitare et sa voix ! Laissez-vous envouter c'est à revoir en vidéo...

 

La voix langoureuse de Asaf Avidan... On ne pouvait pas ne pas filmer ça ! Enjoy.

Asaf Avidan > Different Pulses

 

Asaf Avidan > Is this It

 

Asaf Avidan > Brother can you spare a dime (reprise de Bing Crosby)

 

 

ASAF AVIDAN

 

Tout a commencé par une histoire d’amour déçu. Asaf Avidan a vingt six ans lorsqu’il se sépare de celle qui partage alors sa vie. Il quitte son job à Tel Aviv, retourne à Jérusalem, la ville ou il est né en 1980. Il change de voie, trouve sa voix. Pour exorciser son mal, il enfourche la guitare et prend la plume. "Je voulais hurler le plus haut et le plus fort possible afin de faire sortir tout ce qui était comprimé à l’intérieur.” Ce sera sa marque de fabrique, un style unique ; ce sera une renaissance, le début d’une carrière. Dans la foulée, il publie un premier six titres sous son nom, rapidement suivi d’une tournée où il s’entoure d’un quatuor de musiciens prompts à le suivre dans les méandres de ses idées sombres. The Mojos sont nés et tout s’enchaîne : les tournées, le succès, en Israël, à New York, en Europe, sur les plus grandes scènes, où il croise certaines de ses idoles... On compare alors sa voix de soie sublimemment écorchée à Janis Joplin, Robert Plant, Jeff Buckley... Sentiments mitigés pour le principal intéressé, tout à la fois honoré et quelque peu étonné. En fait, Asaf Avidan ne ressemble qu’à lui-même – un folk punk rétro-futuriste qui abrite un chant rauque’n’soul – et c’est déjà énorme. Toujours est-il que le phénomène semble le dépasser, tout est allé si vite. Quatre ans, trois albums et des kilomètres de tournée avec les Mojos plus tard, il n’a jamais eu le loisir de prendre le recul pour faire le point. “À un moment donné, c’était devenu juste trop. Il était temps de passer à autre chose. Je désirais écrire de la musique qui ne soit plus confinée à un style ni à un groupe précis.” En juillet 2011, ils décident donc de marquer une “pause créative” illimitée.

Cette rupture, encore une, sera le début de nouvelles aventures, synonyme de radicales ouvertures. “Je souhaitais revenir à une formule acoustique centrée autour du violoncelle et de la guitare, comme aux tout débuts des Mojos. Je me suis tourné vers Karni Postel, très connue en Israël pour sa capacité à dépasser les histoires de style formelles. Sitôt la première répétition les choses étaient claires : nous allions faire un bout de chemin ensemble.” Et c’est encore une fois sur scène qu’il scelle cette nouvelle intimité musicale, qu’il résume d’un trait d’humour : “une excellente combinaison d’un gars avec une voix féminine et d’une fille avec un instrument masculin”. Entre les lignes, cette expérience lui indique la piste à suivre : l’intimité, après des années au service de la collectivité, pour celui qui compose en se laissant submerger par le flot de son inconscient, une énergie irigante qu’il canalise dans un second temps. Seul aux commandes du navire, face à l’océan de sons et d’émotions, le voilà face à un autre défi : il a plus de liberté, mais il faut trouver un cap. “J’ai d’abord été vraiment effrayé parce que jouer en solo ou en duo fait que vous concentrez toute la pression, particulièrement sur scène. Désormais, j’ai suffisamment mûri pour l’apprécier. Je jouis d’une entière liberté créative : je ne dois plus convaincre quiconque de quoi que ce soit. Je fais ma musique comme je l’entends, et j’en assume toutes les conséquences, bonnes ou mauvaises.”

Ce sera donc “Different Pulses”, un titre qui a valeur de programme. Cette chanson éponyme sert d’introduction à ce recueil de onze titres, lui fournit d’emblée son diapason : une bande-son d’une beauté troublante, une pulsation décharnée au service d’une voix à la séduction irradiante. Dans cette chanson, se trame son intention en deux vers : “I try to push the colors through a prism back to white, to sync our different pulses into a blinding light.” Essayer de trouver la simplicité dans un monde – dans un corps  – qui a tellement grandit qu’on n’en perçoit plus qu’une complexité sans fin. Et ce même si dans mon subconscient je sais que tout cela n’existe pas objectivement. Il y aura toujours des battements de cœur différents, mal synchronisés l’un de l’autre. C’est cela que suggère ce titre, dont le double sens me permet en outre de dire de manière très explicite que je propose un son bien différent de ce que j’ai pu faire par le passé.” Pas de doute, cette chanson sonne comme un acte de renaissance. Ce que sous-tend tout autant le superbe “Cyclamen”, dont le climat rappelle également l’omniprésence du cinéma dans sa manière d’écrire, une source matricielle qui lui permet par son fort pouvoir d’évocation suggestive de transcender le mur des catégories, de dépasser la barrière des langues. Le poète enchanteur parle à tous, au-delà même de l’entendement. À l’image de tous ceux qui l’ont précédé, Otis Redding et Ray Charles, John Lee Hooker et Bob Marley, Thom York et Billie Holiday, Leonard Cohen et Tom Waits… Des voix dans lesquelles il croit, des voies qu’il pourrait “suivre les yeux fermés”. Comme on le suit les oreilles grandes ouvertes dans le dédale de sa pensée, introspective et narrative, éminemment paradoxale, singulièrement multiple. Comme l’est sa personnalité, comme l’est cette voix androgyne, tellement sûre et pourtant si fragile.

Pas de doute, l’univers d’Asaf Avidan est tout à la fois doux et âpre, serein et fébrile, mu d’une ubiquité qui rappelle l’ambiguité de son personnage. En deux mots : terriblement entêtant, sincèrement authentique. À mots couverts ou à gorge déployée, d’un swing léger ou d’une extrême gravité, au fil d’une comptine enfantine ou le long d’un hymne bouleversant, il ne fait qu’ouvrir son cœur, corps et âme. Cette diversité à l’œuvre renvoie à ses influences multiples, à ses désirs tout aussi ouverts sur l’infini. La Bible, Homère et Shakespeare ont nourri son verbe, les classiques poètes hébreux Natan Alterman et Yehuda Amichai ont alimenté sa verve, sans gommer les songwriters comme Dylan, Leonard Cohen ou Tom Waits. “Ceux-là ont prouvé qu’avec une belle mélodie les mots prennent encore plus d’ampleur.” Les siens raisonnent du plus juste écho sur l’écrin que lui a confectionné Tamir Muskat, véritable alter ego. Cet as des manettes, batteur explosif de Balkan Beat Box et producteur apprécié pour sa faculté au grand mix, offre le parfait contrepoint aux visions acoustiques d’Asaf Avidan. Ensemble, les deux multi-instrumentistes forment une paire complémentaire, un équipage réduit (quelques invités sont conviés ici et là) pour plonger au plus profond de la spiritualité d’Asaf Avidan, pour lui ouvrir des perspectives inédites. Ballade nostalgique ou cavalcade tellurique, chevauchée cinématique puis piano onirique, souffle de trompette lyrique et effluves d’un Orient fantasmagorique…

Ce disque ouvre large la focale, tout en resserrant le focus à l’essentiel. Pas un mot qui ne soit ajusté, pas une ligne qui ne soit finement taillée, pas une métaphore qui ne fasse sens. Chaque chanson s’agence naturellement à l’autre, malgré la diversité qui compose le canevas initial en surface, pour dresser au final le portrait d’un musicien de ce siècle, tout comme les fines couches musicales se superposent et s’assemblent les unes aux autres pour tresser un chapelet de mélodies au parfum d’éternité. Toutes nous parlent tout autant d’avant-hier que d’après-demain, chacune nous murmure à l’oreille combien le présent est un instant fragile, comment le bonheur est un moment fugace. Combien la musique est depuis ses premiers émois une thérapie pour Asaf Avidan, qui lui permet de se réconcilier avec lui-même et le monde, avec ses démons intérieurs qui sont aussi (souvent) les nôtres. Ces mots bleus pansent les plaies de nos cœurs décousus, comme cet ultime “Is This It”, une solennelle ritournelle où il pose sa voix, à nu, sans faux semblants. “Ce disque m’indique le chemin pour être heureux, même si je ne serai jamais vraiment satisfait.”

Source : Polydor

Le site d'Asaf Avidan

 

En concert :

26/01/2013 – MIDEM FESTIVAL

23/03/2013 - AMSTERDAM – MELKWEG

24/03/2013 - EINDHOVEN – EFFENAAR

26/03/2013 - LUXEMBURG – L’ATELIER

27/03/2013 - BRUSSELS – L’ANCIENNE BELGIQUE

29/03/2013 - BEAUVAIS – L’OUVRE-BOITE

30/03/2013 - CAEN – LE CARGO

02/04/2013 - RENNES – L’ETAGE

03/04/2013 - ANGOULEME – LA NEF

04/04/2013 - TOULOUSE – LE BIKINI

06/04/2013 - LYON – LE TRANSBORDEUR

09/04/2013 - PARIS – L’OLYMPIA

10/04/2013 - LILLE – LE SPLENDID

12/04/2013 - STRASBOURG – LA LAITERIE – FESTIVAL ARTEFACT

13/04/2013 - DIJON – LA VAPEUR

14/04/2013 - BASEL – LE CASINO

16/04/2013 - LAUSANNE – LES DOCKS

18/04/2013 - MARSEILLE – LE CABARET

19/04/2013 - NICE – THEATRE LINO VENTURA

21/04/2013 - ZURICH – LE KOMPLEX

 

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