Argentine : littérature en carton

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Lundi 24 mars 2014

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Argentine : littérature en carton
Avant que les auteurs argentins invités à Paris pour le Salon du Livre prennent leur vol retour, reportage auprès des "cartoneros" de Buenos Aires. Ils ont créé leur propre maison d'édition et fabriquent des livres populaires, recyclés et pas chers.

Quatre jours à l'heure argentine, des dizaines de millers de visiteurs et au passage une petite polémique. Le 34 ème Salon du livre de la Porte de Versailles aura vu notamment la consécration du papa de Mafalda, l'argentin Quino, décoré de la légion d'honneur.

Creuset d'une littérature inventive et prolifique, l'Argentine manifeste son amour du livre jusque dans la rue. A Buenos Aires, la coopérative Eloisa Cartonera fabrique des livres depuis 2003. A l'origine du projet : des cartoneros. A l'instar des ferailleurs occidentaux, ils gagnent leur croûte grace au recyclage des vieux cartons.

Cartonero en pleine collecte / cc Flickr par Dandeluca

Dans l'atelier de La Boca, à deux pas du stade de foot, le carton est travaillé, découpé aux bonnes dimensions pour en faire des couvertures de livres. Il provient des supermarchés, de caisses de vin et de biscuits. Les livres sont vendus de 12 à 50 pesos (entre 1 et 4,50 euros) et le prix varie selon le format. Une façon de démocratiser la lecture avec la bénédiction des auteurs.
    
Couvertures en carton © Caroline Vicq
   
 
 
 
 
Ici, le droit d’auteur n’existe pas, explique Alexandro, qui travaille dans l'atelier. Il n’y a pas de papier, pas de signature, pas d’argent. Les auteurs nous donnent juste gentiment leur autorisation. On organise aussi un concours pour éditer des auteurs qui n’ont jamais publié. Comme c’est une maison d’édition populaire, l’idée est de vendre le livre pas cher, que ce ne soit pas élitiste.

 

 

 

 

Contes pour enfants, romans, essais, cahiers d'écoliers, on peut tout acheter dans l'atelier. La coopérative est née en 2003, depuis la crise qui a obligé de nombreux argentins à trier des déchets pour survivre. L'initiative séduit, des visites de la coopérative sont organisées régulièrement. Miriam a franchi le seuil en 2007, par curiosité. Elle y a trouvé du travail : illustratrice de couvertures.

 

Miriam en plein travail © Caroline Vicq

 

 

 

Moi, ce que j’aime, c’est peindre. Ça m’amuse, avec toutes ces couleurs. Et ce que je préfère c’est peindre des grandes lettres, c’est plus facile. Après, on vend ces livres et il voyagent, ils partent vers un autre monde.


 

 

 

 
Gràce à Eloisa Cartonera, des tonnes de carton ont été réutilisées, des milliers de livres fabriqués et plus de 200 auteurs latino-américains connus ou non sont désormais lus dans les milieux défavorisés argentins.

Reportage pour le Mouv' signé Caroline Vicq. Mise en page : Sébastien Sabiron.

Image d'illustration : cc Flickr par Secretaría de Cultura de la Presidencia de la Nación.

 



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