Arcade Fire fait la révolution

Bureau de vérification des paroles Mercredi 09 juillet 2014

Réécoute
Arcade Fire fait la révolution
Reflektor, avec un K s’il vous plait, c’est le single flamboyant qui a annoncé l’album du même nom sorti en octobre dernier. Très bien, on chante et tout, mais de quoi est-il question dans les paroles ?

 

Un réflecteur, c’est ce que les photographes utilisent en studio ou en extérieur pour avoir une meilleure luminosité. C’est un truc qui renvoie la lumière, d’une manière artificielle et qui est censé embellir la réalité.

De lumière il est effectivement question dans le premier couplet.

Extrait des paroles

Trapped in a prism

Coincés dans un prisme

In a prism of light

Un prisme de lumière

Alone in the darkness

Seuls dans l'obscurité

Darkness of white

Ténèbres de blanc

We fell in love

Nous sommes tombés amoureux

Alone on a stage

Seuls sur la scène

In the reflective age

À l'ère des reflets

Le décor est planté, Win Butler le chanteur explique que nous sommes dans l’ère des reflets, que nous sommes coincés dans un faisceau de technologie et d‘échanges incessants. Reflektor c’est une chanson constat sur les rapports qu’on entretient avec les réseaux. Et c’est pas joli joli.

Encore un extrait des paroles

We’re still connected

Nous sommes toujours connectés

But are we even friends?

Mais sommes-nous encore des amis?

 

We fell in love when I was nineteen

Nous sommes tombés amoureux quand j'avais dix-neuf ans

And I was staring at a screen

Et je fixais un écran

Grande question, qu’on peut se poser tous les jours : on est connectés tout le temps tous ensemble à 360 degrés mais est ce qu’on est vraiment des amis ? Arcade Fire est un des seuls groupes à poser cette question : on crée des liens devant des écrans, mais est ce que ce sont de vrais liens ? Le message est fort.

Et il est presque moraliste.

Les canadiens nous mettent en garde, Reflektor c’est une chanson extrêmement profonde qui dit que ce n’est pas parce que tout est instantané que c’est le paradis. Elle proclame qu’il faut vivre les choses réellement.

Et moi je suis tellement tordu qu’elle m’a fait penser au philosophe révolutionnaire Guy Debord qui écrivait en 1967 dans La Société du Spectacle que dans le monde moderne tout ce qui a possibilité d’être directement vécu a plutôt une tendance fâcheuse a s’éloigner dans une représentation, à ne plus être en contact avec la réalité.

 

Arnaud Jamin


 

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