Airbnb invente le air-code pénal

le Reportage de la Rédaction Mardi 29 avril 2014

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Airbnb invente le air-code civil
Airbnb est dans le collimateur de la justice américaine. La plate-forme internet de location d'appart' entre particuliers vient d'annoncer avoir supprimé de son site plus de 2.000 annonces new-yorkaises. La ville de Paris entre à son tour en guerre contre les locations illégales.

 

En 2013, ce sont 500.000 Français qui ont voyagé avec Airbnb. Le concept est simple : permettre à des particuliers de proposer à la location tout ou une partie de leur logement. Un demi-million d'annonces dans 192 pays, dont 70.000 en France. Un studio tout équipé à 50€ la nuit à Montmartre, c'est quasi-imbattable.

Louer sur Airbnb représente un complément de revenu non négligeable pour certains hôtes qui n'hésitent pas à être dans l'illégalité. C'est le cas d'Hélène, une étudiante fauchée. Elle a sous-loué pendant deux ans son joli studio situé dans le quartier de Ménilmontant à Paris. Le tarif : 90€ la nuit, sans autorisation de son propriétaire. "J'ai gagné un peu plus de 4.000€, j'ai reçu des personnes de plein de nationalités. Je leur demandais d'être discrets par rapport à mes voisins." Elle risquait l'expulsion immédiate de son logement et le paiement de dommages et intérêts.

 

Airbnb inquiète les hôteliers belges © Canal Z, 2013

 

Si vous êtes propriétaire, la loi est claire : vous pouvez louer votre résidence principale de manière occasionnelle , à condition que ça n'excède pas quatre mois par an. Par contre pour louer une résidence secondaire déclarée, il faut le feu vert de la mairie, ce qu'on appelle un changement d'usage.

Pauline ne l'a pas demandé, mais loue son pied à terre de 45m² dans le centre de Paris 3.000€ par mois uniquement via Airbnb. Elle aussi a peur de se faire dénoncer. Elle confie"connaître beaucoup de personnes qui font la même chose."

 

Olivier Gremillon, directeur d'Airbnb France interrogé par Aurélie Blonde © BFM Business

 

Ian Brossat, l'adjoint chargé du logement à la mairie de Paris, est entré en guerre contre les abus du site. Un combat de longue haleine, tant le nombre d'annonces illégales pullulent.

Paris compte entre 20 et 30.000 meublés touristiques, dont 10% sans autorisation de la ville. Il y a des propriétaires de 3, 4, 5 appartements inoccupés loués plusieurs mois dans l'année. Des agents municipaux sont spécialement chargés de les traquer.


 

Ces chiffres ne rassurent pas le syndicat des professionnels de la location meublée. Pour l'UMIH, le syndicat des métiers de l'hôtellerie dénonce "la concurrence déloyale d'hôtels virtuels avec parfois une conciergerie, un service de ménage mais sans avoir à respecter des normes de sécurité, d'hygiène et de fiscalité imposées à l'hôtellerie classique."

 

A New York, le site a fait un grand nettoyage de printemps pour supprimer les annonces illégales

 

Les professionnels de l'hébergement demandent que, comme à New York, le site fasse le ménage lui-même dans les annonces parisiennes. Pour Nicolas Ferrary, directeur France chez Airbnb ce n'est pas à l'ordre du jour.

En France, on ne désactive pas d'annonces sauf cas vraiment extrêmes. Je n'ai pas la responsabilité en tant que plate-forme de vérifier les annonces une par une. On va mettre en place, une déclaration d'honneur très prochainement pour nos hôtes.


 

Les attaques n'affolent pas la start-up star d'internet. Airbnb n'est pas encore côté en Bourse mais vient juste de rentrer dans le club très fermé des pépites du web qui pèsent dix milliards de dollars.


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Reportage : Sandrine Etoa-Andègue

Photo de couverture : Cc FlickR Gustavo da Cunha Pimenta


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