Aaron Swartz, un an déjà

L'actualité numérique Lundi 13 janvier 2014

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Aaron Swartz, un an déjà
Le 11 janvier, Aaron Swartz, hacker et activiste forcené en faveur des libertés numériques, se donnait la mort à New York. Broyé par une justice qui voulait en faire une victime expiatoire. Un an plus tard, tout a changé. Vraiment ?

 

C'est comme jeter quelqu'un en prison parce qu'il a emprunté trop de livres à la bibliothèque


 

Cette analogie de Quartz synthétise avec une ironie cruelle le sort d'Aaron Swartz : parce qu'il a voulu rendre accessible à tous des millions de documents académiques en s'introduisant sur les serveurs du MIT, le jeune hacker risquait 35 ans de prison. Chassé par la justice, il s'est donné la mort il y a un an et trois jours.

Swartz, qui avait tant milité pour la liberté d'Internet, n'aura donc pas assisté aux révélations d'Edward Snowden, intervenues cinq mois après son décès. Il n'aura pas eu le temps de s'indigner contre les méthodes de la toute puissante NSA, et c'est en qualité de saint-patron qu'il participera le 11 février à la journée contre la surveillance, une manifestation numérique à l'initiative de plusieurs associations américaines.


Swartz ne verra pas non plus l'essor des MOOC, les Massive Online Open Courses, ces cours en ligne qui permettent de suivre l'enseignement de prestigieuses universités. Comme un écho funeste à ses propres envies de partage, les MOOC ont reçu l'imprimatur des gouvernements, qui en font un modèle de modernité.

 

Finalement, la seule chose qui n'aura pas changé, c'est le cadre légal qui a brisé Aaron Swartz. Le CFAA, le Computer Fraud & Abuse Act - le texte extrêmement dur au nom duquel il a été poursuivi - est toujours là. Malgré les protestations de certains parlementaires.

"Il était tout seul, entouré par des millions d'amis", écrit à son sujet Lawrence Lessig, l'un des grands penseurs d'Internet outre-Atlantique. Pour faire vivre son souvenir, un documentaire, The Internet's Own Boy, financé grâce au crowdfunding, sortira d'ici quelques mois. Son titre semble capturer l'essence de Swartz : un boy next door propulsé messie. Ou l'inverse. A charge pour l'Histoire de s'en souvenir. 

 



 

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