A Trappes, la rénovation urbaine ne fait pas que des heureux

le Reportage de la Rédaction Lundi 15 décembre 2014

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Le centre-ville de Trappes après la rénovation urbaine
Il y a 8 ans, Trappes était l'une des premières villes à se lancer dans la politique de l'ANRU, l'Agence nationale de rénovation urbaine. Cette cité des Yvelines devrait aussi profiter du second plan qui sera annoncé cette semaine. 360 millions d'euros ont déjà été investis mais le résultat fait des mécontents chez les habitants.

Macadam et trottoirs flambant neuf, parterres de fleurs, espaces arborés, digicodes et autres portails à l’entrée des immeubles : à Trappes, la rénovation urbaine a embelli la ville et attiré les promoteurs immobiliers. "les travaux ont apporté de la dignité aux habitants", explique le maire socialiste de Trappes, Guy Malandain qui ajoute : "Il y a quelques années, certains me disaient qu'ils avaient honte d'inviter leur famille. Désormais, dans les quartiers rénovés, ce sentiment a disparu."

En centre-ville, dans le quartier des Merisiers, il y a désormais une zone commerciale avec un supermarché, quelques commerces de proximité, une poste et un centre de santé. Mais beaucoup d'habitants sont moins enthousiastes que leur maire car la rénovation urbaine a entrainé une hausse des loyers, y compris pour les locataires de HLM. "On s'est rendu compte que le bailleur nous facturait des charges en plus pour tout un tas de travaux : le badge pour ouvrir la porte, la location des places de parking, l'installation du digicode...", critique Mohamed Kamli, président d'un collectif d'habitants et ancien conseiller municipal d'opposition.

Des poubelles à quelques mètres des logements depuis la rénovation urbaine, par Maxime Tellier

 

Dans d'autres quartiers, la rénovation urbaine n'a pas fonctionné ; la mairie le reconnaît. C'est le cas à Camus, un quartier excentré de Trappes. Là-bas, la hausse des loyers, 30% en moyenne sur quelques années, a entraîné le départ de très nombreux locataires et ces derniers ne sont pas remplacés. "Le bailleur, Valophis, préfère installer des portes métalliques anti squat plutôt que d'installer des nouveaux habitants", dénonce un natif du quartier, qui ajoute : "ici, la rénovation urbaine rime avec départ des Trappistes, destruction des bâtiments et construction d'immeubles pour l'accession à la propriété."

Des appartements bloqués par des portes anti-squat dans le quartier Camus, par Maxime Tellier

 

Avec le second volet de la politique de rénovation urbaine, le maire de Trappes compte améliorer le cadre de vie de trois nouveaux quartiers dont Camus. La nationale 10 qui coupe la ville en deux sera partiellement recouverte ; beaucoup de changements encore à venir mais peut-etre trop lentement aux yeux des habitants.

 

Reportage : Maxime Tellier 

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